lundi 17 octobre 2005

Tang lang (la mante religieuse)


"... Il ne vient d'aucune école."

L'acteur Liu Chia-liang, qui n'avait pas tourné depuis son personnage d'homme-taupe dans Duk bei do wong de Chang Cheh, passe à la réalisation avec Shen da, tourné en 1975, grand succès public et commercial et initiateur du genre comédie kung-fu. Tang lang est son quatrième film en tant que metteur en scène. Sa très grande maîtrise des arts martiaux doublée par ses compétences acquises auprès du réalisateur de Sui woo juen pour lequel il réglait la plupart des combats, font merveilles même si le scénario du film peut dérouter les amateurs de pure action. Liu Chia-hui, lancé par son demi-frère grâce à Huang Fei-hong yu liu a cai, se voit confier un petit rôle au début du métrage, laissant la vedette au toujours très convaincant David Chiang.
Wei Zheng-yuan, un conseiller à la cour de l'empereur Qing, recommande son fils Wei Feng au souverain. Celui-ci le met aussitôt à l'épreuve. Ses talents en arts martiaux sont d'abord testés par deux combats successifs, le premier contre un guerrier mongol, le second contre un moine bouddhiste. Puis, une importante mission lui est confiée. Prouver l'existence d'un complot ourdi par des partisans de l'ancienne dynastie Ming pour restaurer celle-ci, notamment l'honorable famille Tian de Qiping. Pour motiver sa jeune recrue, l'empereur n'hésite pas à sanctionner un éventuel retard à la réussite de cette mission d'une menace graduée contre la famille Wei. Feng se rend donc au "manoir des cinq soleils", la résidence des Tian et se fait engager comme professeur par Zhi-zhi, la petite-fille du maître des lieux. Cette dernière, plus attirée par le kung-fu que par la lecture ou l'écriture, tombe rapidement amoureuse de son enseignant. Mais, au cours de son enquête, Feng est démasqué et condamné à mort par le grand-père de sa jeune élève.
Sorti un peu avant l'excellent Shao Lin san shih liu fang, Tang lang ne souffre que modérément de la comparaison entre les deux films. L'inspiration de ce dernier est, en effet, bien différente, privilégiant le drame intimiste à la fresque nationaliste et initiatique. L'intrigue est solide et intéressante bien que le scénario puisse apparaître déséquilibré, l'essentiel des combats, superbes au demeurant, étant concentré dans la seconde partie, succédant à un long badinage pédagogique et amoureux qui ne manque néanmoins pas de charme et annonce le pitch du remarquable Zhong hua zhang fu tourné l'année suivante. Malgré l'évidente complexité des chorégraphies, la prestation des acteurs est irréprochable. A noter, pour conclure, un final totalement inattendu et une partition musicale se donnant, par moment, des faux airs de bande originale du Bossu

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