"... Castor, je voulais changer le monde mais c'est vous qui l'avez fait."
Si plusieurs films ont, depuis fort longtemps, été consacrés aux époux Curie, le couple de Beauvoir




Les Amants du Flore
couvre la période allant de la rencontre, à la Sorbonne en 1929, des
deux futurs écrivains et penseurs à la publication du célèbre "Deuxième sexe"
en 1949. Vingt ans marqués par leur succès à l'agrégation et le début
de leur carrière d'enseignants en province, par les premières
publications, par la Seconde Guerre mondiale et le décès de Paul Nizan,
par les voyages séparés aux Etats-Unis et la création de la revue "Les Temps modernes". Mais c'est avant tout au "pacte" conclu entre les deux auteurs et à son évolution, au sein de la "petite famille" (dont les membres ont été étrangement renommés) réunie par eux, que s'intéresse le téléfilm d'Ilan Duran Cohen
. Plus comédie dramatique de mœurs que réelle biographie filmée, Les Amants du Flore
,
production diffusée en prime time sur une grande chaîne de télévision,
se permet évidemment des imprécisions, des raccourcis et des impasses
comme les absences de personnages cruciaux, la mère de Sartre
, descendante des Schweitzer, ou Raymond Aron dont l'influence a été considérable sur la structuration de la pensée sartrienne.




Anna Mouglalis
réussit plutôt bien à traduire l'ambiguïté et le trouble de Simone de Beauvoir
, le personnage central du film malgré le pluriel du titre. Lorànt Deutsch
,
faute probablement d'une maturité suffisante, ne parvient en revanche
pas à apporter la complexité et la gravité nécessaires au rôle qu'il
interprète. Après quelques inquiétudes initiales sur la sobriété du
traitement, cette première réalisation pour la télévision d'Ilan Duran Cohen
,
même si elle n'évite pas facilités et maladresses et néglige un peu les
seconds rôles, s'avère dans l'ensemble d'assez bonne facture.




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