"... I have the chance to find the key to my dreams." (in "Once In A Lifetime" - Talking Heads
)

Quatrième long métrage du scénariste et réalisateur David Koepp
, Secret Window
s'inscrit dans la lignée de Stir of Echoes
mais sans en atteindre le niveau qualitatif. Thriller sérieux à la mise
en scène appliquée, le film manque, paradoxalement, d'un soupçon de
folie qui permettrait au dispositif de s'emballer et, par la même
occasion, d'emballer le spectateur. Destiné principalement au jeune
public, celui qui ne connaît pas forcément les classiques du genre, Secret Window
emprunte à ces derniers quelques unes de leurs idées, mais sans que le
produit composite obtenu puisse leur être comparé. Du savoir-faire et de
la malice, certes, mais pas de génie dans cette production. D'ailleurs,
si le film n'a pas perdu d'argent aux Etats-Unis, son score au
box-office français a été plutôt décevant.




Mort Rainey (Johnny Depp
) est un écrivain en instance de divorce. Il a, en effet, surpris son épouse, Amy (Maria Bello
), avec son amant, Ted Milner (Timothy Hutton
), dans la chambre d'un motel et, depuis, traumatisé, il vit négligemment avec son chien Chico
dans une cabane au bord d'un lac. En panne d'inspiration, il passe
l'essentiel de son temps à dormir et à manger des chips. Un jour, un
inconnu le réveille de sa sieste quasi permanente. John Shooter (John Turturro
),
puisque tel est son nom, l'accuse d'avoir plagié une histoire qu'il a
écrite et dont il lui remet un exemplaire dactylographié. Seule la fin
n'est pas identique. Malgré les dénégations de Mort, Shooter le menace. Une nuit, Chico est retrouvé mort, tué d'un coup de tournevis. Mort, après avoir alerté le peu dynamique shérif local, fait appel à un enquêteur auquel il a déjà eu recours, Ken Karsch (Charles Dutton
), pour lui venir en aide et empêcher Shooter de lui nuire.





Réunir quelques ingrédients réputés ne suffit pas toujours à réaliser de grands cocktails. Un roman de Stephen King
, "Secret window, secret garden", un acteur principal qui a le vent (des Caraïbes !) en poupe et un réalisateur expérimenté ne parviennent pas à donner à Secret Window
la puissance d'impact que l'on pouvait, a priori, imaginer. Handicap
majeur, le film démarre très lentement, mettant plus du tiers du métrage
à installer les prémisses, les personnages et l'ambiance. Ensuite, on
est un peu indisposé par les "effets de manches" de la mise en scène
qui, visiblement, cherche dans l'artifice de la forme ce qu'elle n'a pas
trouvé dans la vérité du fond et par les emprunts aux modèles du genre
signés Hitchcock
, Polanski
, Kubrick
ou autre De Palma
. Koepp
a, au moins, la franchise de les citer explicitement. Enfin, Johnny Depp
,
peut-être à cause de son nouveau statut qui l'autorise à faire à peu
près n'importe quoi et déclencher l'enthousiasme immédiat, n'est pas
aussi convaincant que ses illustres prédécesseurs dans le rôle d'un
individu qui perd progressivement le contact avec la réalité. Secret Window
se contente donc de ne pas être un mauvais film, ce qui témoigne d'un dommageable manque d'ambition cinématographique.









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