"Hanuman visite Lanka."
Le cinéma thaïlandais, cinéma de genre pour l'essentiel (drame romantique, comédie, thriller horrifique - rappelez-vous le segment intermédiaire de 3, histoires de l'au-delà
- ou, bien sûr, film d'action) arrive assez rarement jusqu'à nos écrans, que ce soit en salles ou en DVD*. Ong-Bak
, dont l'accouchement fut long et douloureux, a eu la chance de voir se pencher sur son berceau une fée un peu particulière : Luc Besson
.
Emballé par le film, le producteur-réalisateur lui permet de bénéficier
d'une campagne de promotion et d'une distribution en France
qu'intrinsèquement le film ne méritait pas. Plus gros succès, à ce jour,
du cinéma thaïlandais, Ong-Bak
a réunit près d'un million de spectateurs français en un peu plus de
quatre semaines, ce qui, pour fixer les idées, le place, au box-office,
juste devant... Master and Commander
!
En déplacement dans le village de Nong Pradu pour acheter, en vain, une amulette, un certain Don (Wannakit Sirioput) y vole la tête de la divinité locale, Ong-bak. Ting (Tony Jaa
),
la vedette locale pour ses talents physiques et expert dans l'art
martial national, le muay-thaï boran, se porte volontaire pour aller à
Bangkok récupérer le précieux objet. Arrivé dans la capitale, il y
rencontre un ancien camarade du village, Ham Lae (Petchtai Wongkamlao), qui se fait à présent appeler George et vit d'expédients et du jeu, et Muay Lek (Pumwaree Yodkamol), sa complice. Tous deux vont, après réflexion, aider Ting dans sa dangereuse entreprise qui va l'opposer à un gang dont l'une des activités est le trafic de statues du patrimoine local.







Il
y deux façons de voir ce film. Comme une production thaïlandaise comme
une autre, dont l'intérêt est de montrer un art martial comme on ne l'a
encore jamais vu. Et il faudrait, dans ce cas, le visionner dans son
montage et sa version strictement originaux. Ou comme un produit remanié
et "marketé" (et non marqueté, pardon pour le néologisme) par les bon soins de Luc Besson
,
et il n'y a, alors, aucune raison de le faire sortir des grilles
d'analyse du cinéma occidental. Dans cette dernière perspective,
l'appréciation que l'on peut faire d'Ong-bak
est mitigée. Certes, les scènes de combat et, paradoxalement, celles de
fuite, sont plutôt spectaculaires. Mais elles servent une intrigue
aussi épaisse que l'épluchure externe d'un oignon. En tout cas nettement
moins probante que celle de son évident modèle, Tang shan da xiong
.
En outre, les répétitions des actions en prises multi-angles deviennent
vite répétitives et lassantes, même si, encore une fois, les techniques
mises en jeu, et notamment les enchaînements aériens mi gymnastes, mi
dansés, sont impressionnantes. Dans la version européenne, certaines de
ces séquences sont accompagnées d'une musique hip-hop destinée à ravir
le jeune public mais qui crée un contraste culturel trop violent pour
les autres. Et à propos de violence, soulignons les excès du final dans
ce domaine. Restent une scène d'ouverture plutôt réussie, celle,
exotique, de poursuite en touk-touk, un rythme soutenu et une
intéressante opposition entre tradition et modernité qui s'étiole,
hélas, trop vite. Quant à savoir, enfin, si Phanom Yeerum
dit Tony Jaa, dont c'est le premier rôle principal, est le digne successeur de Bruce Lee
,
il est peut-être un peu trop tôt pour l'affirmer. Si l'acteur dispose
d'un "arsenal" technique convaincant et d'une plastique qui rappelle
celle de son aîné, il ne possède pas, pour l'heure, le charisme immédiat
et troublant (en partie lié à son métissage) du héros de Enter the Dragon
.
___
*on aimerait, d'ailleurs, en voir quelques intéressants représentants, comme Beautiful Boxer
ou Ruang rak noi nid mahasan
.






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*on aimerait, d'ailleurs, en voir quelques intéressants représentants, comme Beautiful Boxer


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