"Je pense que tout n'est jamais tout noir ou tout blanc." (Richard Helms, dir. de la C.I.A.)
1947-1977 : Opérations clandestines

C'est après le désastre de Pearl Harbour que le Président Harry Truman décide la création de la Central Intelligence Agency (C.I.A.), au grand dam du patron du Federal Bureau of Investigation (F.B.I.),
J. Edgar Hoover, qui perd ainsi une partie de ses prérogatives dans le
domaine de l'espionnage. Objectif de l'Agence : lutter contre le
communisme, seul réel danger, à l'époque, des tout-puissant Etats-Unis.
Premier instrument mis au service de cette mission : le recrutement
d'anciens nazis qui connaissent bien leur nouvel ennemi commun. Première
opération d'envergure sur la scène internationale : le coup d'état,
baptisé Opération Ajax, organisé par les équipes du patron de
la CIA, Allan Welsh Dulles, destiné à renverser le Premier Ministre
iranien Mossadegh après sa décision de nationaliser les compagnies
pétrolières en activité dans le pays. Mais, bien sûr, en prenant le
prétexte d'une menace soviétique ! Suivent celles aux Guatemala et au
Congo belge (avec l'élimination du jeune Premier Ministre Patrice Lumumba).
Mais le Président J. F. Kennedy et la CIA se casseront les dents sur le dossier cubain : échec de l'opération de débarquement de la Baie des Cochons et des multiples tentatives d'assassinat de F. Castro. Conséquence immédiate, le limogeage de Dulles par Kennedy. Les deux hommes se détestent et Kennedy a le sentiment qu'il ne contrôle plus les opérations lancées par la CIA. Paradoxe ou choix délibéré, c'est Dulles qui sera à la tête de la commission d'enquête sur l'assassinat du Président qui conclut à la seule culpabilité de Lee Harvey Oswald. L'intervention américaine au Viêt-nam a des répercutions tant sur le terrain qu'aux Etats-Unis même avec l'opération Chaos destinée à réprimer l'opposition intérieure au conflit. L'affaire du Watergate est l'occasion du premier affrontement direct entre la CIA et le FBI. Enfin le rôle joué par les Etats-Unis au Chili et le présumé suicide du Président Allende pousse Gerald Ford a signer la directive 12033 interdisant les meurtres de dirigeants étrangers.
Mais le Président J. F. Kennedy et la CIA se casseront les dents sur le dossier cubain : échec de l'opération de débarquement de la Baie des Cochons et des multiples tentatives d'assassinat de F. Castro. Conséquence immédiate, le limogeage de Dulles par Kennedy. Les deux hommes se détestent et Kennedy a le sentiment qu'il ne contrôle plus les opérations lancées par la CIA. Paradoxe ou choix délibéré, c'est Dulles qui sera à la tête de la commission d'enquête sur l'assassinat du Président qui conclut à la seule culpabilité de Lee Harvey Oswald. L'intervention américaine au Viêt-nam a des répercutions tant sur le terrain qu'aux Etats-Unis même avec l'opération Chaos destinée à réprimer l'opposition intérieure au conflit. L'affaire du Watergate est l'occasion du premier affrontement direct entre la CIA et le FBI. Enfin le rôle joué par les Etats-Unis au Chili et le présumé suicide du Président Allende pousse Gerald Ford a signer la directive 12033 interdisant les meurtres de dirigeants étrangers.
1977-1989 : La fin des illusions

L'élection
du démocrate Jimmy Carter et la nomination à la tête de la CIA du
controversé Amiral Stansfield Turner ouvre une période de tentative de
rénovation puis de démantèlement de l'Agence. Période marquée par les
informations erronées sur la révolution iranienne puis sur l'invasion (surprise ?)
des soviétiques en Afghanistan en décembre 1979 qui poussera les
Etats-Unis à armer la résistance avec les conséquences que l'on connaît
aujourd'hui (prise du pouvoir du groupuscule taliban et naissance d'un terrorisme islamique organisé sur le plan international).
L'étrange affaire de la libération différée des otages en Iran est,
peut-être, à l'origine de l'élection de Ronald Reagan, empêchant un
second mandat de Carter. William Casey, le directeur de campagne du
candidat républicain, deviendra celui de la CIA. Mais leur mandat sera
entaché par les répercussions de la guerre au Nicaragua avec l'Irangate,
opération triangulaire destinée à financer les contras. C'est aussi
sous la présidence de Reagan que tombera le mur de Berlin et débutera
l'effondrement de l'URSS. La disparition du principal antagoniste
ôtera-t-elle toute raison d'être de la CIA ? C'est en tous cas un ancien
de ses directeurs, George Bush, qui accède à la Maison Blanche en 1989.
1990-2003 : D'une guerre à l'autre
Cette
période s'ouvre avec l'incroyable aveuglement de l'Administration face
au risque d'invasion du Koweït par les troupes irakiennes. Une fois
l'opération Tempête du désert menée à son terme, on tergiverse
sur la nécessité d'éliminer Saddam Hussein. Lorsque Bill Clinton est élu
à la présidence, il se désintéresse presque totalement du volet "Espionnage" de son mandat. L'attentat au World Trade Center
du 26 février 1993, qui aurait pu être beaucoup plus meurtrier, créera
un premier choc. Paradoxalement, c'est la guerre entre le FBI et la CIA
qui est réactivée à cette occasion avec l'arrestation de la taupe
soviétique Aldrich Ames. Un nouvel ennemi est identifié : Oussama Ben
Laden, milliardaire saoudien qui finance le terrorisme. Mais l'action de
la CIA est entravée par les bonnes relations de l'Administration avec
la famille royale d'Arabie saoudite, le poids de ce pays dans l'économie
pétrolière et l'influence des lobbies. Lorsque, un peu plus tard, le
Soudan, en recherche de réhabilitation internationale, propose de
remettre Ben Laden aux américains, ceux-ci, contre toutes attentes,
refusent. Et le chef terroriste peut se réfugier tranquillement en
Afghanistan. Les liens entre la famille Bush et le monde du pétrodollar,
notamment via le consortium Carlyle, est un des éléments qui préparent,
malgré les attentats contre des intérêts américains à l'étranger et les
avertissements venant des services secrets étrangers, la catastrophe du
11 septembre 2001.
Très intéressant documentaire, en trois parties, s'appuyant essentiellement sur des témoignages (voir intervenants ci-dessous),
parfois contradictoires, illustrés de documents d'archives. Le rôle de
la CIA, dotée d'un budget supérieur à 28 milliards de dollars* et
l'ingérence des Etats-Unis par son intermédiaire dans les pays de sa
zone immédiate d'influence, et au-delà, en devient, si cela était encore
nécessaire, parfaitement manifeste. L'influence des milieux d'affaires
est soulevée à plusieurs reprises. Quelques moment particulièrement
forts émaillent le métrage, en particulier le remarquable face-à-face
entre le président de la commission d'enquête du Congrès et le directeur
de la CIA, Richard Helms. Parmi les nombreuses informations fournies
par les témoins, le coût de la guerre froide pour les Etats-Unis.
Intervenants :
Alexander Haig, secrétaire d'Etat (1980-1982)
William Cohen, secrétaire de la défense Clinton (1997-2001)
Richard Haas, Département d'Etat
Robert Malley, conseiller Maison Blanche (1994-2001)
William Quandt, Conseil National de Sécurité
Joseph Wilson, ambassadeur en Irak (1990-1991)
Richard Helms, directeur CIA (1969-1973)
James Schlesinger, directeur CIA 1973
Stansfield Turner, directeur CIA (1978-1980)
William Webster, directeur FBI (1978-1987), directeur CIA (1987-1989)
Robert Gates, directeur CIA (1991-1993)
James Wosley, directeur CIA (1993-1995)
Franck Carlucci, directeur adjoint CIA (1978-1981)
Richard Kerr, directeur adjoint CIA (1989-1992)
Duane Clarridge, directeur centre contre-terroriste CIA (1986-1989)
Dale Watson, directeur lutte anti-terrorisme FBI (1999-2002)
Charles Cogan, directeur contre-espionnage (1995-1998)
Milton Bearden, chef de département (1986-1989)
Richard Holm, chef de département (1992-1995)
Robert Baer, Robert Steele, Samuel Halpern, CIA - opér. clandestines
Peter Earnest, officier de terrain CIA
Oleg Kalouguine, général du KGB
Joseph Trento, historien
William Blum, journaliste d'investigation
Jim Hoagland, journaliste au "The Washington Post"
Jean-Charles Brisard, chargé d'enquête sur le financement d'Al Quaida
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*à titre de comparaison, le budget 2004 de la France est de 289 milliards d'euros.
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