"... La chance, on verra plus tard."
Si la littérature, les articles et témoignages sur "l'Affaire Ben Barka"
ne manquent pas, le cinéma s'est, au cours des quarante dernières
années, montré plus réservé ou prudent sur le sujet. La presse et
l'édition seraient-elles moins "encadrées" que le Septième art ?
Les producteurs redoutaient-ils de ne pas toucher un assez large public
avec un film "historique" ? Argument apparemment fondé puisque J'ai vu tuer Ben Barka
,
diffusé quelques jours seulement après la date anniversaire de
l'enlèvement de l'opposant marocain et chef de file du mouvement contre
l'impérialisme et le néo-colonialisme, n'a réuni que quelques dizaines
de milliers de personnes. Pourtant, après la fiction d'Yves Boisset
sortie sous l'ère Pompidou et dans laquelle Gian Maria Volontè
incarnait un personnage fortement inspiré de Ben Barka, le film de Serge Le Péron
aurait mérité une audience moins confidentielle. Sans être réellement à la hauteur de ce mystère en partie élucidé, J'ai vu tuer Ben Barka
a le mérite, notamment grâce à son traitement, de documenter, à la fois
sérieusement et plaisamment, cette véritable affaire d'Etat qui avait
éclaté juste avant la candidature du président de Gaulle à sa propre
succession.
17 janvier 1966. Le corps de Georges Figon vient d'être trouvé par la police dans le meublé où il se cachait. Le mort raconte alors, en voix off, les circonstances de ce décès. Automne 1965. Editeur de presse confronté à de gros soucis financier, Figon rêve de se refaire en écrivant et en produisant un film en collaboration avec son amie Marguerite Duras. Cette opportunité semble devenir moins illusoire lorsqu'il rencontre, grâce à son pote Georges 'Jo' Boucheseiche, un certain Chtouki. Celui-ci accepte en effet de lui apporter la somme de cent millions d'anciens francs pour la réalisation d'un documentaire sur la décolonisation, à la condition expresse de persuader son compatriote Medhi Ben Barka d'en être le conseiller historique. Après avoir convaincu Georges Franju de diriger le film destiné à être projeté à la conférence "Tricontinentale" en janvier, Figon et le journaliste Philippe Bernier, connu de Ben Barka, se rendent au Caire pour rencontrer l'ancien président de la première Assemblée nationale marocaine. Le rendez-vous est bref mais cordial et les trois hommes conviennent de se retrouver le 29 octobre pour un déjeuner à Paris en présence de Franju.
Une
grande partie de la suite, relatée dans le film, est aujourd'hui connue
à l'exception de l'identité du ou des mandants et du sort réservé au
corps de Ben Barka. L'originalité de ce drame en trois actes*, reprenant
pour titre celui de la une de "L'Express" du 10 janvier 1966,
est d'une part d'être traitée à la manière d'un polar narré en
flash-back par l'instrument principal devenue l'une des nombreuses
victimes de ce complot. Et d'autre part en essayant d'éviter une top
grande linéarité grâce, en particulier, à la mise en abyme créée par la
troisième partie. Cette construction nuit cependant un peu à la clarté
et à la force du récit. Bien documenté, mêlant quelques images
d'archives pour accentuer son authenticité, J'ai vu tuer Ben Barka
pèche également par la relative fadeur de sa mise en scène. Les
cinéphiles seront, en revanche, troublés par le rôle joué par cet art
dans le montage de ce projet meurtrier dont Georges Franju
, le cofondateur de la Cinémathèque française et qui venait de travailler avec Marguerite Duras
pour le film collectif Les Rideaux blancs, et, secondairement, Anne-Marie Coffinet ont été les acteurs malgré eux.





17 janvier 1966. Le corps de Georges Figon vient d'être trouvé par la police dans le meublé où il se cachait. Le mort raconte alors, en voix off, les circonstances de ce décès. Automne 1965. Editeur de presse confronté à de gros soucis financier, Figon rêve de se refaire en écrivant et en produisant un film en collaboration avec son amie Marguerite Duras. Cette opportunité semble devenir moins illusoire lorsqu'il rencontre, grâce à son pote Georges 'Jo' Boucheseiche, un certain Chtouki. Celui-ci accepte en effet de lui apporter la somme de cent millions d'anciens francs pour la réalisation d'un documentaire sur la décolonisation, à la condition expresse de persuader son compatriote Medhi Ben Barka d'en être le conseiller historique. Après avoir convaincu Georges Franju de diriger le film destiné à être projeté à la conférence "Tricontinentale" en janvier, Figon et le journaliste Philippe Bernier, connu de Ben Barka, se rendent au Caire pour rencontrer l'ancien président de la première Assemblée nationale marocaine. Le rendez-vous est bref mais cordial et les trois hommes conviennent de se retrouver le 29 octobre pour un déjeuner à Paris en présence de Franju.




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*1. L'approche 2. Les affaires se gâtent 3. Les assassins.
*1. L'approche 2. Les affaires se gâtent 3. Les assassins.
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