"Hélas ! Et pourtant."
Dans sa vaste demeure, le collectionneur et propriétaire de l'ensemble de l'œuvre du peintre Frédéric Tonnerre
mène, à nouveau, une réflexion sur le sens figuré et caché de ces six,
non sept tableaux. Un lien sous-jacente ou implicite semble en effet les
traverser, du "Diane et Actéon" à "Torture de l'Inquisition",
dont la démonstration et l'analyse sont rendues difficiles par le vol
du quatrième d'entre eux. La cinquième toile, une banale scène de la vie
quotidienne, refusée par le salon de 1887 et acquis inexplicablement
par l'Etat, valut à son auteur un scandale puis un procès intenté par
les Huit pouvoirs lorsque la police fit irruption, en pleine cérémonie, chez l'artiste.
Précédé par la première strophe d'un poème de Victor Hugo
extraits du dernier livre des "Chatiments"*, L'Hypothèse du tableau volé
est une courte mais remarquable double énigme artistique. Avec cet
étonnant récit exégétique et pictural, traité sur un mode baroque et
vaguement inspiré du "Baphomet" de Pierre Klossowski
paru en 1965, Raoul Ruiz
invente le "documentaire fantastique" et fonde une esthétique satirique
articulée autour d'une double dialectique. Celle, très hégélienne,
entre le "faire allusion" et le "montrer" et,
humoristique, entre l'analyse et la narration, mêlant astucieusement
réalité et fiction ésotérique, notamment grâce au procédé de tableaux
vivants" et autres figur(in)es humaines. Cette approche
surréaliste sera d'ailleurs à nouveau empruntée pour certains des films
suivants du cinéaste, en particulier dans Combat d'amour en songe
.
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*"Sur l'amnistie politique des condamnés de 1851" (Ultima verba, Livre VII, 17)
Précédé par la première strophe d'un poème de Victor Hugo





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*"Sur l'amnistie politique des condamnés de 1851" (Ultima verba, Livre VII, 17)
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