jeudi 11 octobre 2007

Alouette, je te plumerai


"... Tous les oiseaux sont d'excellents simulateurs."

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Troisième film financé par Philippe Carcassonne, producteur de Patrice Leconte et de Claude Sautet notamment, Alouette, je te plumerai est une comédie noire dans la lignée (toute proportion gardée) des Peau de banane d'Ophüls ou Bedtime Story et son remake Dirty Rotten Scoundrels. Un plaisant chassé-croisé encore ornithologique dans lequel Claude Chabrol, récent adaptateur du Cri du hibou, se voyait offrir pour la première fois, après de multiples apparitions ou figurations, un rôle principal.
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Souffrant d'une insuffisance cardiaque, Pierre Vergne est hospitalisé dans un établissement honfleurais où Françoise Lacarrière est employée comme aide-soignante. Grand connaisseur de la faune volatile, le patient est aussi un incroyable fabulateur doublé d'un habile manipulateur, n'hésitant pas à s'approprier ce qui ne lui appartient pas. Avant de casser sa pipe, Vergne aimerait vivre dans une atmosphère familiale. Il convainc Françoise et son époux ambulancier Jacques de l'héberger dans leur petit appartement en échange de la promesse de désigner le jeune couple légataire universel de sa fortune. Ce marché n'est qu'un leurre supplémentaire car le vieillard, prétendument sans famille et dont le seul véritable ami est le charbonnier local, vit aux crochets de son fils Vincent.
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Sans être itératif et lancinant comme la populaire comptine canadienne qui donne son titre au film, Alouette, je te plumerai intrigue et divertit surtout grâce à ses deux personnages, doux rêveurs mal intentionnés et finalement maladroits, interprétés avec fioritures par Claude Chabrol, récent prêtre chez Gérard Krawczyk, et Fabrice Luchini, second rôle du réalisateur dans Violette Nozière dix ans auparavant. Le scénario ne fonctionne pas totalement mais les airs graves ou ahuris de ce faux vieux séducteur irresponsable et la virilité, toute relative, de cet escroc en chambre moustachu et manieur de pistolet font souvent mouche. Le tout emmené par la musique concertante de Jean-Philippe Rameau, l'un des principaux acteurs et adversaires de Jean-Jacques Rousseau dans la "Querelle des Bouffons" !

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