"Et si le diamant vous échappe ?"
Trois ans après un, somme toute modeste, drame épique prenant pour décor le Japon du XIXe siècle, Edward Zwick s'attaque donc, avec Blood Diamond, à l'Afrique. Outre qu'elle offre un duo d'acteurs inédit et contrasté, auquel s'associe l'oscarisée Jennifer Connelly, cette seconde réalisation pour la Warner
parvient peu ou prou à éviter les pièges traditionnellement tendus par
les sujets se déroulant sur le deuxième continent de la planète. Ces
arguments n'ont pourtant pas convaincu le public étasunien, la
production tirant l'essentiel de sa rentabilité des recettes étrangères,
bien inférieures toutefois à celles du film précédent y compris en
France.
Sierra
Leone, 1999. Depuis huit ans, ce pays de l'Afrique occidentale est
soumis à une meurtrière guerre civile opposant les forces
gouvernementales aux milices rebelles du Front Révolutionnaire Unifié.
Un soir, des troupes du FRU attaque le village de Solomon Vandy.
Le modeste pêcheur permet à sa femme et à ses trois enfants de s'enfuir
mais il est capturé et emmené dans une des zones diamantifères du nord.
Là, il trouve et cache au péril de sa vie une grosse pierre rose avant
d'être arrêté par des soldats. Dans la prison où il est incarcéré se
trouve déjà le "Rhodésien" Danny Archer, trafiquant de diamants pour le compte du colonel Coetzee et des honorables diamantaires Van De Kaap & Simmons. Une fois libérés, Archer propose à Vandy de l'aider à retrouver sa famille si celui-ci le conduit à l'endroit où il a enterré le diamant.
Difficile
de traiter sans manichéisme ni raccourci les conflits intestins,
l'enrôlement des enfants dans les milices armées ou l'exploitation
officielle ou détournée des ressources de l'Afrique. Sans atteindre la
force et la pertinence du Hotel Rwanda de l'Irlandais Terry George, les qualités de Blood Diamond attestent de l'intérêt et de la sincérité des convictions du Chicagoan Edward Zwick
et des scénaristes pour cette page récente de l'histoire qu'ils
relatent évidemment de manière romancée selon des principes et critères
hollywoodiens. Ce long (près de deux heures trente) film
d'action réussit néanmoins à développer la psychologie et la quête
antagonistes et associées des deux personnages principaux, en
particulier la progressive rédemption du mercenaire Danny Archer interprété assez sobrement par Leonardo DiCaprio (un rôle pour lequel Russell Crowe fut un moment pressenti). Les prestations du Béninois Djimon Hounsou* et de Jennifer Connelly demeurent dans l'ensemble moins probantes.
___
*appartenant ici à la tribu Mende dont il était le chef dans Amistad.
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire