"- Are you a Mod or a rocker ?
- Um no, I'm a mocker."

Si A Hard Day's Night
restera (doit-on s'en réjouir ?)
pour son réalisateur et son scénariste leur meilleure contribution au
septième art, on ne peut pas dire que le premier des deux films* des Beatles
soit un jalon essentiel dans la carrière du fameux groupe de Liverpool.
Si les critiques ont considéré, à sa sortie, qu'il possédait de réelles
qualités cinématographiques, le temps a fait son oeuvre et force est de
constater qu'il représente aujourd'hui plus un témoignage intéressant
sur les membres des Beatles
et leur époque qu'un authentique divertissement. On peut apprécier
l'enthousiasme, la vivacité et le côté un peu délirant mais l'humour de
potache est daté (de plus, mal servi par des sous-titres approximatifs) et les références souvent oubliées, pour peu qu'elles aient été, un jour, connues.




Prenant ses racines dans le "Goon Show" de Peter Sellers
dont Richard Lester
a été le réalisateur et qu'appréciaient The Beatles
, Hard Day's Night
met en scène la Beatlemania et la pression qu'elle crée. Lester
imagine un souhait d'évasion du groupe, une tentative
d'affranchissement des conventions et des règles qui devait réellement
habiter les Beatles
. Mais leur "Révolution" (pour reprendre un de leurs titres) est soft, adolescente et fondée sur l'absurde et l'(apparente)
improvisation plus que sur la critique. Elle constitue, en quelque
sorte, une transition entre l'humour britannique d'après-guerre et, au
mieux les Monthy Python, au pire Benny Hill
. Encore une fois, l'intérêt majeur est de faire connaissance avec quelques facettes de la personnalité de John Lennon
, Paul McCartney
, George Harrison
et Ringo Starr
, hors prestation musicale ou interview. Plus qu'acteurs, ils sont eux-mêmes. Et les dialogues et situations créés par Alun Owen pourraient être les leurs.












Bien
sûr, on peut ne voir le film que comme le support publicitaire d'un
disque dont les titres** seraient la bande-originale. Ce qui devait être
l'idée première de ses promoteurs. Mais A Hard Day's Night
est plus qu'une suite de clips (peut-être en ont-ils inventé le concept ?),
il est la trace visuelle, parfois maladroite, d'une légende musicale en
construction. Et cette dimension n'a pas de prix. D'autant que ce
troisième album marque le début d'une nouvelle phase pour le groupe.
Totalement constitué de compositions originales, pour la plupart signées
par John (10 sur 13 titres), celui-ci prend un ascendance évident (aussi à l'écran) sur ses camarades. Enfin, Lester
y a probablement gravé le "code de tournage" des groupes musicaux encore en vigueur aujourd'hui.


___
*avec Help!
de 1965. Magical Mystery Tour
(1967) est un film TV et Yellow Submarine
(1968) une animation.



**"A Hard Day's Night", "I Should've Known Better", "I Wanna Be Your
Man", "Don't Bother Me", "All My Loving", "If I Fell", "Can't Buy Me
Love", "And I Love Her", "I'm Happy Just to Dance with You", "This Boy
(Ringo's Theme)" (instrumental), "Tell Me Why", "She Loves You".
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