vendredi 17 octobre 2008

Doomsday


"Qu'avez-vous perdu, vous ?"

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Difficile, évidemment, de ne pas jauger ce troisième film du Britannique Neil Marshall à l'aune du précédent, le surprenant et terrifiant The Descent. Mais aussi à celle de 28 Days Later... de son compatriote mancunien Danny Boyle, sérieuse référence dans la catégorie. Il n'est d'ailleurs pas certain que le scénariste-réalisateur et co-monteur né à Newcastle ait voulu prendre son histoire, étroitement inspirée du Escape from New York de John Carpenter, très au sérieux. Si tel était le cas, Doomsday*, film d'action et de divertissement aux relents gore plus que d'ambiance ou qu'à portée philo-politique, n'a semble-t-il pas été perçu ainsi par un public semblant préférer (comme pour Planet Terror par ex.) des intentions d'emblée clairement affichées.
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Glasgow, 3 avril 2008. Une terrible épidémie occasionnée par le "Reaper Virus" se répand brutalement et rapidement en Ecosse, obligeant les autorités à placer les habitants sous quarantaine. Mais face au considérable mouvement de fuite des personnes non contaminées vers le Sud, une muraille a été construite dont l'unique ouverture est définitivement close et scellée lorsque la foule réussit à déborder les militaires chargés de la cantonner. Parmi elle, une jeune mère parvient à convaincre l'équipage d'un hélicoptère de prendre à son bord sa fillette Eden, sérieusement blessée à l'œil droit par les tirs échangés pendant le violent assaut. Vingt-sept ans plus tard, le major Eden Sinclair, dotée d'une prothèse oculaire amovible, est devenu l'élément le plus efficace de l'équipe de Bill Nelson, le patron du DDS (département de la sécurité intérieure). C'est naturellement à elle que celui-ci fait appel lorsqu'il apprend à Londres par le premier ministre John Hatcher et son proche conseiller Michael Canaris qu'une population subsiste dans la zone dans laquelle le virus aurait été circonscrit. A la tête d'un commando, Sinclair doit y retourner pour trouver en quarante-six heures le traitement grâce auquel ce prodige a été possible et, notamment, rechercher le docteur Marcus Kane qui pourrait en être à l'origine.
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Avec un budget** près de dix fois supérieur à celui de son deuxième film, Neil Marshall pouvait enfin s'extraire des profondeurs souterraines et diriger cette fois de très larges effectifs. C'est à nouveau l'Ecosse, où se déroulait déjà Dog Soldiers, qui sert de décors à ce trip apocalyptique, bien que l'essentiel du tournage, en particulier les scènes de la dernière partie qui rappellent sournoisement The Road Warrior et Beyond Thunderdome, ait eu lieu en Afrique du Sud. Dès avant la mi-temps, le scénario part un peu dans tous les sens et l'on est obligé de constater les (sanglants) dégâts qu'il occasionne au film. D'autant que l'on a rapidement le sentiment que les nombreuses scènes d'action et de combat ne servent qu'à tenter de compenser le vide flagrant de réel matériau narratif (à l'exception de l'astucieux contre-pied causal, de quelques extraits de dialogues percutants, fugitives bonnes idées et du radical parti pris d'incorrection, politique ou pas). Le véritable tort de Marshall consistant probablement à ne pas assumer, a priori, l'appartenance de Doomsday à la série B... et d'empêcher ainsi, comme dans le cas de Resident Evil, la (im)probable émergence d'une franchise dans laquelle la (quarteronne et retouchée) vedette de Beowulf remplacerait Milla Jovovich.
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*i.e. jour du jugement dernier mais aussi dénomination du titanesque adversaire meurtrier de Superman !
**d'environ 30M$ seulement amorti à hauteur des deux tiers par les recettes globales du film.

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