"Mais assurons-nous que ce ne soit pas Moriarty qui racontera ses souvenirs."

Au moment où sort sur les écrans la version (warnerisée
et actualisée) de Guy Ritchie
(1), il n'est pas inopportun de (re)voir certaines des adaptations inspirées de l'œuvre de Sir Arthur Conan Doyle
qui l'ont précédée. En particulier celles de Roy William Neill
qui sont encore aujourd'hui considérées comme des références. Les onze productions labellisées Universal
, tournées entre 1943 et 1946 par ce sujet (né en mer !) de la reine Victoria, ont en effet durablement modelé, ou au moins influencé, les innombrables et postérieures transpositions à l'écran. Un prototype que le versatile auteur de Snatch.
a évidemment pris un malin plaisir à faire voler en éclats. Premier opus réalisé (le seul non produit) par Neill
, le quatrième de la série avec le duo Basil Rathbone
-Nigel Bruce
(2), Sherlock Holmes and the Secret Weapon
est très librement adapté de la nouvelle "The Adventure of the Dancing Men" publiée en 1903.











Doublement dissimulé en bouquiniste ambulant et en espion allemand, Sherlock Holmes réussit astucieusement à soustraire le dr Franz Tobel au projet d'enlèvement dont il allait être la victime, exécuté par deux agents du régime nazi, intéressé par le viseur qu'il a mis au point. Emmené par avion de Zurich à Londres, il est confié à la protection du dr John Watson pendant la visite rendue par Holmes au ministre de la guerre, Sir Reginald Bailey. Profitant de l'assoupissement de celui-là, Tobel quitte le 221-B. Baker Street pour retrouver chez elle son amante, Charlotte Eberli. Après lui avoir confié un document, à remettre à Holmes s'il lui arrivait quelque chose, il échappe grâce à l'intervention d'un bobby à une nouvelle tentative de ravissement en retournant au domicile du détective. Le lendemain, un essai concluant de l'invention de Tobel est effectué. Mais s'il accepte de la fournir au gouvernement britannique, le physicien suisse soumet cette offre à sa propre supervision de la fabrication et au secret du procédé.

Unique contribution à la série des scénaristes Edward T. Lowe Jr. et Scott Darling (co-signataires, séparément, de trois épisodes de la franchise Charlie Chan
), la première pour Edmund L. Hartmann (la seconde étant le très bon The Scarlet Claw
), The Secret Weapon
manque un peu de substance narrative. Produit en juin 1942, c'est à dire après le terrible Blitz subi par les grandes villes du pays, il constitue d'ailleurs explicitement(3) un des nombreux films de propagande de cette époque, tel All Through the Night
de Vincent Sherman
avec Humphrey Bogart
, Conrad Veidt
et Kaaren Verne
qui tient ici un second rôle. Titulaire de celui du docteur James Mortimer dans The Hound of the Baskervilles
, Lionel Atwill
remplace George Zucco
pour le personnage du maléfique professeur Moriarty (réputé tué au terme de The Adventures of Sherlock Holmes
). The Secret Weapon
marque enfin la première des six apparitions de l'inspecteur Lestrade interprété par Dennis Hoey
.














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1. avec le tandem Robert Downey Jr.
-Jude Law
dans les rôles principaux, "héritiers" d'une longue lignée où se sont notamment succédés Eille Norwood-Hubert Willis et, à la télévision, Alan Wheatley-Raymond Francis, Ronald Howard-Howard Marion-Crawford, Erich Schellow-Paul Edwin Roth, Peter Cushing
- Nigel Stock, Jeremy Brett-Edward Hardwicke et même les soviétiques Vasili Livanov-Vitali Solomin.



3. comme l'atteste le shakespearien
monologue final et, surtout l'ultime panneau encourageant la souscription publique à l'emprunt de guerre.

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