"Y'a jamais de coup dur en période de relâche."

Ancien élève de Sciences-po, José Bénazéraf
débute sa carrière cinématographique en produisant une comédie romantique de Pierre Gaspard-Huit
, un drame d'Yves Allégret
et en faisant une brève apparition dans A Bout de souffle
de Jean-Luc Godard
. Son premier film en tant que réalisateur (crédité), Le Concerto de la peur
, est un polar un peu confus et vaguement érotisant tiré de "Le parfum de la peur", un roman publié en 1959 de Dominique Dorn (plus connu ensuite sous le pseudonyme de Mario Ropp chez l'éditeur Fleuve Noir). Bénazéraf
y met en vedette Yvonne Monlaur
qui faisait partie de la distribution de Las Lavanderas de Portugal
et venait d'être successivement la partenaire de Peter Cushing
et de Christopher Lee
dans The Brides of Dracula
et dans The Terror of the Tongs
.














Pierre Chevrel invite avec une certaine insistance sa collègue de laboratoire Nora Rivière à dîner. Dans la brasserie où ils sont attablés, un homme semble porter une attention particulière au jeune homme. Lorsque ce dernier parvient enfin à joindre Fred Volf au téléphone, celui-ci lui apprend qu'il doit s'agir d'un tueur engagé pour l'assassiner et lui conseille vivement de ne pas rester seul. Après avoir raccompagné Nora, Chevrel la supplie de le laisser monter chez elle ou, au moins, de lui laisser le temps d'y rédiger une lettre, à remettre à la police en cas de malheur, avant de s'en aller. Le lendemain, le corps d'un inconnu est retrouvé poignardé dans une ruelle. Deux individus se présentant comme policiers se présentent bientôt au domicile de Nora.

Concurrence très déloyale entre rivaux mafieux de la drogue, règlement de compte et désir charnel sont au cœur de cette courte intrigue, certes hésitante, incertaine et assez souvent maladroite sur les plans narratif et de la mise en scène, qui suscite pourtant un certain quoique inexplicable intérêt. La bande originale composée par Chet Baker
lors de son deuxième et mouvementé voyage en Europe évoque évidemment celle du remarquable Ascenseur pour l'échafaud
de Louis Malle
. Mais, un peu à l'image du film qu'elle illustre, elle ne parvient pas comme celle de Miles Davis
à insuffler une véritable atmosphère, à envoûter littéralement ce Concerto de la peur
. La prestation des seconds rôles allemand Hans Verner et français Michel Lemoine, dans la première de ses quatre collaborations avec José Bénazéraf
, n'apporte pas une plus-value significative au film, notre attention se portant plutôt sur l'interprétation de Jean-Pierre Kalfon
pour lequel il s'agissait de la toute première apparition au cinéma.







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