
Un
jeune homme pénètre dans une salle de bains immaculée pour une banale
séance de rasage mécanique. Après la seconde application de mousse,
l'individu s'inflige, sans souffrance apparente, une impressionnante
série d'estafilades de plus en plus sanglantes (durée : 5'15).
Le plus connu des courts métrages de Martin Scorsese
est tourné alors que le réalisateur ne parvient pas à distribuer son premier long, Who's that knocking at my door?
,
produit deux ans plus tôt. La très manifeste tonalité obsessionnelle,
anxieuse voire "oniricauchemardesque" a certainement dû intriguer les
psychothérapeutes de l'époque. Le film, sous-titré "Viet '67", constitue a posteriori (voir anecdote)
une charge contre le meurtrier engagement des Etats-Unis en Indochine,
annonçant de façon prémonitoire le début de la débâcle de l'armée US
avec l'offensive du Têt. Scorsese
illustre ironiquement sa "saignée" non curative par le jazzy "I Can't Get Started" du big band de Bunny Berigan*.



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*vingt ans plus tard, Barry Levinson
choisira, dans cet esprit, "What A Wonderful World" interprété par Louis Armstrong
pour sa comédie dramatique Good Morning, Vietnam
.



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