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"L'Hallali", tel aurait pu s'intituler en français, pour mieux en traduire la substance et l'esprit, cet impressionnant film. Second film* du Danois Thomas Vinterberg présenté au Festival de Cannes, Jagten relate avec beaucoup de simplicité et de force les dramatiques conséquences d'une faussement "innocente" allégation de pédophilie. Le scénario original signé avec Tobias Lindholm (déjà co-adaptateur de Submarino, le précédent film de Vinterberg) fait évidemment penser aux Risques du métier porté à l'écran en 1967 par André Cayatte. Mais il s'en différencie par plusieurs aspects, en particulier l'âge de l'accusatrice et le contexte relationnel. Divorcé, douloureusement séparé de son fils adolescent, Lucas a toutefois l'espoir de redonner une cohérence à son existence. Il va être brutalement confronté à un morcellement radical, trahi par une fillette (jouée par la bien convaincante novice Annika Wedderkopp) un peu délaissée par ses parents dont il est lui-même proche. Vinterberg met très intelligemment en scène l'emprise de la fatalité, celle du bonheur qui s'obstine à fuir, de l'agressive diffamation fondée sur le principe de l'incontestable vérité enfantine. La remarquable interprétation de Mads Mikkelsen, récompensée par le jury cannois présidé par Nanni Moretti, constitue assurément et enfin l'atout décisif de Jagten.


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