Fable post-apocalyptique très librement* inspirée du roman éponyme publié en 1972, Malevilne vise pas le spectaculaire, comme peuvent le faire certaines productions anglo-saxonnes, même si les décors façonnés par Max Douy(récompensé aux "César" 1982) sont assez impressionnants. L'objectif du scénario rédigé par Christian de Chalonge et Pierre Dumayet(déjà collaborateurs pour L'Argent des autres) semble plutôt vouloir explorer** un retour catastrophique à l'état de nature, la (ré)appropriation du langage, l'établissement du dialogue, du projet (de ré-humanisation) et de la souveraineté (démocratique ou dirigiste). Une intéressante, quoique parfois maladroite, narration fictive susceptible de réanimer, chez certains d'entre nous, les thèses souvent antagonistes des Aristote, Thomas Hobbes, John Locke, Jean-Jacques Rousseau ou encore Karl Popper. La distribution réunie par de Chalonge et ses producteurs, parmi lesquels Claude Nedjar(Le Souffle au cœur, Lacombe Lucien, promoteur la même année de La Guerre du feu d'Annaud) constitue également l'un des atouts du film. La paisible autorité, la marginalité ou la lumineuse désinvolture s'incarnent en effet fort bien à travers Michel Serrault, Jacques Villeret et Jacques Dutronc auxquels Jean-Louis Trintignant ajoute sa naturelle et inquiétante froideur. ___
*sans doute trop puisque l'auteur Robert Merle a souhaité ne pas figurer au générique du film.
**sans point de vue causale, élément original du récit. Le plus récent After the Apocalypse du Japonais Yasuaki Nakajima s'inscrit dans une perspective comparable.
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