"Les femmes... On ne peut jamais les croire, même les meilleures d'entre elles."

Même si Raoul Walsh
, dont la carrière avait débuté en 1913, a livré ses plus fameux opus entre les années 1920 et 1940, ses productions ultérieures ne peuvent raisonnablement être négligées. Dans l'étroit sillage du Captain Horatio Hornblower R.N.
, tourné l'année précédente pour la Warner
, Walsh
réalise, cette fois pour Universal
, un second film avec Gregory Peck
, adaptation par Borden Chase du roman publié en 1946 de Rex Beach
, auteur notamment de The Spoilers
(succès littéraire également situé en Alaska et plusieurs fois porté à l'écran). Film d'aventure sentimental et maritime, aux accents parfois comiques, The World in His Arms
fixe en quelque sorte le cap aux Blackbeard, the Pirate
et Sea Devils
à venir.












San Francisco, 1850. Jonathan Clark, le capitaine du schooner "Pilgrim", arrive au port avec son second Deacon Greathouse et son maître-pilote aléoute Ogeechuk pour libérer son équipage, retenu prisonnier par Shangaï Kelly. Ce dernier devait en effet mettre celui-ci au service du 'Portugais', un concurrent de Clark chèrement payé par le colonel Paul Shushaldin afin de permettre à la comtesse Marina Selanova de rejoindre à Sitka son oncle, le gouverneur de l'Alaska, et ainsi tenter d'échapper au mariage conclu contre son gré avec le prince Semyon par le tsar lui-même. Shushaldin tente alors, en vain, de convaincre Clark, surnommé 'The Boston Man', de remplacer rapidement le malhonnête et défaillant capitaine. Mais l'homme recherché par le pouvoir russe en raison des pertes qu'il occasionne à la Cie des fourrures d'Alaska n'a qu'une idée en tête : racheter pour environ dix millions de dollars la province la plus orientale de l'empire russe. Au cours de la grande fête organisée avec le négociant Clegget pour mobiliser cette somme, Clark rencontre et tombe sous le charme de Marina, se faisant passer pour une simple dame de compagnie de la comtesse.

Prélude romanesque au rachat de l'Alaska (ou doit-on dire dépossession de la Russie de son unique territoire américain ?) par les Etats-Unis, The World in His Arms
hésite en permanence entre l'épopée et l'incident, avec même quelques concessions à la continuité narrative sous la forme d'"intermèdes" nautico-documentaires au milieu du métrage*. Outre ces deux épisodes quasi exogènes, et malgré la qualité de la photographie de Russell Metty
, la réalisation de Raoul Walsh
se montre dans l'ensemble assez conventionnelle, voire répétitive, destinée avant tout à promouvoir le caractère récréatif du film. Pour la première et seule fois aux côtés d'Ann Blyth
, remarquée dans Mildred Pierce
, Gregory Peck
semble plus à l'aise dans l'action, opposé à Anthony Quinn
ici proche de la caricature qu'il retrouvera à deux reprises, que dans l'émotion. Raoul Walsh
et le producteur Aaron Rosenberg collaboreront eux à nouveau pour Saskatchewan
.









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