"Père et fils peuvent-ils être si différents ?"

Plus connue que les deux versions* réalisées avant-guerre par le réalisateur d'origine russe Alexis Granowsky avec Harry Baur
dans le rôle-titre, cette partielle et très libre adaptation étasuno-yougoslave du premier roman écrit entre 1835 et 1843 par l'Ukrainien Nicolas Vassiliévitch Gogol
réunissait pour la première et unique fois Tony Curtis
et le natif de Vladivostok Yul Brynner
. Déjà associé au producteur Harold Hecht (réputé grâce à Marty
, Separate Tables
et ses collaborations avec Burt Lancaster
) pour Trapeze
et Sweet Smell of Success
, le jeune acteur du Bronx y joue un personnage très différent de ceux auxquels il devait sa notoriété, The Defiant Ones
ou évidemment Some Like It Hot
, plus proche de celui d'Eric tenu dans The Vikings
de Fleischer
. C'est sur le plateau de Taras Bulba
qu'il rencontra Christine Kaufmann
qu'il épousa quelque mois après la sortie du film.
















Malgré l'appui capital qu'ils lui ont apporté contre les troupes ottomanes, l'armée d'occupation polonaise en Ukraine trahit son alliance et attaque les guerriers cosaques zaporogues de Mykola, obligés de se disperser après avoir brûlé leurs modestes habitations dans la steppe. Avant son départ, l'un des plus vaillants d'entre eux, le colonel Taras Bulba animé par la haine de l'envahisseur, promet cependant la reconquête prochaine de son pays. Pour y parvenir, une fois la situation apaisée par le pardon royal, il convainc ses fils Andreï et Ostap d'aller étudier à l'académie de Kiev afin de mieux connaître l'ennemi polonais. L'aîné tombe rapidement amoureux de la fille du gouverneur de la ville, la belle Natalia Dubrov elle-même bientôt séduite par cet étrange et athlétique jeune homme. Une liaison désapprouvée par le frère de Natalia, le capitaine Alex, tué par Ostap au cours d'une expédition punitive nocturne organisée par celui-là.

Sorti quelques mois après le remarquable Cape Fear
du même J. Lee Thompson
(réalisateur britannique récemment adopté par Hollywood), ce film d'aventure, seul scénario co-signé par Waldo Salt
et Karl Tunberg, vise davantage le grand spectacle hippique (plus qu'épique !) qu'à atteindre l'intensité tragique du récit tant apprécié par Ernest Hemingway
. Les séquences d'action ou de réjouissances éthylico-musicales allongent d'ailleurs parfois inutilement un métrage dans lequel, paradoxalement, la confrontation père-fils fondamentale apparaît presque circonstancielle. Véhicule promotionnel (initialement destiné à Burt Lancaster
) de la carrière de Tony Curtis
, Taras Bulba
met particulièrement bien en valeur les qualités acrobatiques du danseur de rumba non crédité dans Criss Cross
. L'ancien camarade d'art dramatique de Walter Matthau
et Rod Steiger
tournera en 1964 une seconde fois avec Christine Kaufmann
, ancienne ballerine et actrice précoce**, dans la comédie Wild and Wonderful du Londonien Michael Anderson également produite par Harold Hecht. La bande originale de Franz Waxman
fut enfin nommée aux "Golden Globes" et aux Academy Awards, en compétition notamment avec le score composé par Maurice Jarre
pour Lawrence of Arabia
.














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*la franco-anglaise Tarass Boulba
de 1936 avec Jean-Pierre Aumont
et Danielle Darrieux
et, associé Adrian Brunel et Albert de Courville, la britannique The Rebel Son
en 1938 avec Anthony Bushell
.





**découverte aux Etats-Unis grâce à son rôle dans Town Without Pity
aux côtés de Kirk Douglas
puis partenaire de Jean-Paul Belmondo
pour Un Nommé La Rocca
de Jean Becker
ou de Don Murray
chez Robert Siodmak
.







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