La rareté des films de cette époque sur la guerre d'Algérie (en général et sur la bataille d'Alger en particulier) les rend presque indispensables. Celui du Pisan Gillo Pontecorvo fait, depuis lors, figure de référence sur le sujet. Lorsqu'il sort en 19661, le journaliste communiste Henri Alleg a, huit ans auparavant, publié son autobiographique "La Question" dans lequel il dénonçait la torture pratiquée par l'armée dans la dernière colonie française. Contribution politique, La Battaglia di Algeri l'est assurément, à tous les sens du terme. Et cela dès son origine puisque cette co-production italo-algérienne s'engage à l'initiative de Yacef Saadi, responsable de la zone autonome d'Alger au sein du F.L.N. au moment des faits. Son historicité n'est pas contestée même si l'on peut émettre quelques réserves sur certains choix et développements du scénario signé avec le Sarde Franco Solinas(Kapò).
Chronique des principaux événements intervenus entre 1954 et le 21 décembre 1960 (après un prologue situé en 1957) centré autour du personnage d'Ammar Ali dit 'Ali la Pointe', le filmdécrit bien l'altérité ambigüe mais croissante des communautés, le déclenchement puis la fixation du conflit autour d'actions, d'abord isolées ensuite organisées, de "terrorisme" nécessitant le recours à l'armée, la stratégie de celle-ci pour tenter de "décapiter" le mouvement rebelle ou de libération nationale selon les points de vue. Regrettons néanmoins l'absence de toute évocation de la lutte entre le F.L.N. et le M.N.A. La réalisation de l'ancien assistant de Mario Monicelli n'a rien perdu de sa force et de sa remarquable modernité2. La Battaglia di Algeri a succédé à Vaghe stelle dell'orsa... deLuchino Visconti au palmarès du"Lion d'or"vénitien avant d'être nommé aux 39e et 41e éditions des Academy Awards3. ___ 1. il ne sera diffusé en France qu'en octobre 1971. 2. d'autant plus en le comparant au Lost Command de Mark Robson, sorti la même année, produit à partir du roman "Les Centurions" (1960) de Jean Lartéguy. 3. catégories "Meilleur film en langue étrangère" en 1967, "Meilleur scénario" et "Meilleur réalisateur" en 1969.
L'ensorcellement, à nouveau en vogue au cinéma depuis quelques années, est l'un des sous-genres horrifiques les plus délicats à traiter. Les vraies réussites sont en effet plutôt rares et les productions qui ont, à leur époque, marqué les esprits (l'emblématique The Exorcist deWilliam Friedkin par exemple) subissent en général assez mal les effets du temps. L'insipide Insidious ou le décalé The Last Exorcism ne devraient, sauf prodige, encore moins y échapper. Pas plus que cette production nord-américaine, parrainée par Sam Raimi, suscitée par un article* de la journaliste Leslie Gornstein. Le thème du dibbuk avait déjà été abordé à quelques reprises**, récemment et sans éclat par David S. Goyer dans son The Unborn. Le scénario de Juliet Snowden et Stiles White (précédemment associés pour Boogeyman et Knowing) ne fait pas mieux. Le récit ne possède aucune réelle profondeur, spirituelle, psychologique et même dramatique, s'en remettant aux seuls effets spéciaux et bande-son pour tenter d'installer un semblant d'atmosphère. La réalisation du Danois Ole Bornedal (capable du pire - Nattevagten - comme du bon - Kærlighed på film) souffre d'un évident défaut de maîtrise et d'inspiration. Décevant ! ___ *"Jinx in a Box" paru en juillet 2004 dans le "Los Angeles Times". **notamment dans Der Dibuk (1937), drame fantastique polonais en yiddish de Michal Waszynski d'après la pièce en trois actes créée par le Russe Sholom Anskyen 1917.
"Danny:
You think we need one more? Rusty:
silence Danny:
You think we need one more. Rusty:silence Danny:
All right, we'll get one more. Rusty:clignements des yeux"
1. on raconte que Golden Russell, à l'époque employé d'une station-service de Las Vegas, avait confié le projet de scénario à Frank Sinatra pendant qu'il faisait le plein de son automobile.
3. 450M$ (dont 183M$ aux Etats-Unis) pour un budget d'environ 85M$. C'est aussi le plus gros score au box-office US pour le cinéaste (devant Erin Brockovich).
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Ocean's Twelve
Est-ce parce qu'il repose sur un scénario antérieur* remanié par George Nolfi(The Bourne Ultimatum, The Adjustment Bureau) pour les besoins de cette sequel, Ocean's Twelvemanque singulièrement d'unité et de cohérence. La première partie, entre Rome, Los Angeles et Amsterdam, tourne même rapidement à l'indigeste. La seconde sort un peu de l'inconsistance grâce notamment à l'épisode dans lequel Julia Roberts est amenée à jouer son propre rôle, l'apparition non créditée de Bruce Willis et l'élégante et gymnique participation de Vincent Cassel**. La présence de Catherine Zeta-Jones relève elle d'avantage de l'appoint décoratif.
**la séquence d'évitement des faisceaux lumineux de détection serait-elle un clin d'œil Entrapment de Jon Amiel dans lequel Zeta-Jones se livrait à un tel exercice ?
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Ocean's Thirteen
Retour aux fondamentaux, aux sources et à Las Vegas. Présentée hors compétition au 60e Festival de Cannes, cette seconde suite essaie d'employer, après une phase d'égarement, des ferments narratifs proches de ceux du premier volet de la trilogie. L'originalité du scénario signé par le duo Brian Koppelman-David Levien(Rounders, Runaway Jury) consiste à fonder cette nouvelle et vengeresse arnaque sur le jeu lui-même. Son efficacité est pourtant loin d'être optimale, surtout dans le domaine comique (façon pitrerie !). Dommage également d'avoir fait tenir à Al Pacino et Ellen Barkin(couple vedette du Sea of Love d'Harold Becker) des personnages aussi insignifiants (caricaturaux, voire grotesques) ; la brève pige de Vincent Cassel ne se justifiant d'ailleurs pas vraiment non plus.
Ce pseudo polar (seul film produit par Georges Cravenne) ne tient aucune de ses promesses. Le scénario, adapté du roman d'Alfred Harris"Suivez le veuf !" publié en 1976 dans la réputée collection "Série (super) noire", ne présente aucun intérêt. Les dialogues signés par Michel Audiard et la réalisation de Robert Enrico(auteur, trois ans auparavant, du remarquable Vieux fusil) sont d'une totale platitude, à peine digne d'un quelconque téléfilm de cette fin de décennie 1970. Et la troisième des quatre rencontres à l'écran entre Philippe Noiret et Michel Serrault s'avère presque aussi décevante que les autres. La présence de Pierre Arditi, Jean Desailly ou encore Bernard Le Coq(sans parler de Dorothée dans son ultime apparition au cinéma) n'empêche enfin pas le spectateur de sombrer dans un profond et définitif ennui. A ce tirage-là, je préfère miser sur l'improbable tranche !
Voilà un film de genre (au fait, lequel ?) bien insolite. Insolite, mais pas inattendu car la production de Psycho, quatre ans plus tôt, a considérablement changé la donne pour le cinéma hollywoodien. Le danger quotidien, banalement domestique pourrait-on dire, a désormais trouvé sa place parmi les menaces susceptibles de nous effrayer au cinéma. A ce titre, Lady in a Cage participe en quelque sorte à défricher la voie au The Last House on the Left de Wes Craven et, plus généralement, au survival. Le scénario du producteur Luther Davis se révèle moins simpliste qu'il n'y paraît au premier abord. L'histoire se place d'emblée sous le régime de l'accident, de la contingence. Mrs. Cornelia Hilyard, veuve en convalescence d'une hanche cassée, se retrouve enfermée dans un ascenseur particulier entre les deux niveaux de sa résidence située au centre de Los Angeles. Faits aggravants : l'incident (électrique) intervient un samedi 4 juillet, Mrs. Hilyard est seule et n'attend personne avant mardi, l'alarme déclenchée depuis la cage va attirer des individus peu empressés de lui porter secours.
Lady in a Cagefonde évidemment son intrigue sur l'enfermement (un second aspect du thème se dévoile dans la dernière partie du film) et l'intrusion. Il confronte aussi, sans fioriture, civilité de façade et animalité profonde, passage de la jungle naturelle à la jungle urbaine*. Surtout connu pour ses contributions télévisuelles, Walter Grauman joue sur l'alternance entre plans fixes et animés (parfois jusqu'au désordre). Les réflexions en voix-off du personnage-titre datent clairement le film. Le choix d'Olivia de Havilland** n'est pas très judicieux. Empruntée, l'actrice oscarisée à deux reprises à également tendance à surjouer. James Caan tient ici son premier rôle crédité au cinéma aux côtés de la surprenante Jennifer Billingsley, de Jeff Corey et d'Ann Sothern(Rita Phipps dans A Letter to Three Wives). ___ *un étrange dialogue entre Mrs. Hilyard et Randall Simpson O'Connell conteste ouvertement l'utilisation des impôts pour "entretenir la vermine de la société". **remplaçante de Joan Crawford à la fois pour ce film et dans Hush...Hush, Sweet Charlotte d'Aldrich.
"... The thin-blue-line, protecting the prey from the predators, the good from the bad..."
Production indépendante présentée en première au 37e TIFF, End of Watch est un polar solide, sorte de carnet de bord tenu par deux flics en patrouille dans des quartiers sensibles de Los Angeles. Lieu et sujet que connait bien le cinéaste David Ayer puisqu'ils alimentent, de façon quasi obsessionnelle, ses scénarii (parmi lesquels celui du réputé Training Day). Ce troisième film*, fondé en partie sur l'expérience de deux agents du LAPD et dédié aux "hommes et femmes chargés de l'application de la loi", adopte d'ailleurs une approche résolument documentaire. Une option narrative et stylistique renforcée par l'emploi, presque constant, de multiples caméras vidéo par l'un des deux personnages principaux. Accrocheur sur le principe, le procédé montre néanmoins assez rapidement ses limites, perturbant en particulier la lisibilité du récit. La question sous-jacente de l'héroïsme "ordinaire", la dernière partie du film, l'inédit et efficace duo Jake Gyllenhaal-Michael Peña, la présence d'Anna Kendrick(actrice East-Coast remarquée dans Up in the Air) et la photographie du Russe Roman Vasyanov sont autant d'atouts qui contribuent à l'intérêt de End of Watchet expliquent sans doute son succès domestique**. ___ *après Harsh Times et l'ellroyienStreet Kings. **moins de soixante-dix mille spectateurs français l'ont vu en salles.
Premier des trois westerns co-écrits et réalisés par le Romain Sergio Sollima, deuxième film sous son vrai nom,La Resa dei conti(i.e. l'épreuve de force) ne peut raisonnablement prétendre rivaliser avec les œuvres phares du genre produites à cette époque. Distribuée quelques mois avant Il Buono, il brutto, il cattivo*, cette production hispano-italienne tournée dans la région d'Almería (Andalousie) mérite néanmoins que l'on y prête quelque attention. Davantage pour le traitement cinématographique qui y est opéré et pour les deux acteurs principaux que pour la qualité du scénario signé avec Sergio Donati** (collaborateur épisodique de Sergio Leone) ou pour la bande à peine originale (recyclée ?) d'Ennio Morricone.
Plus de deux siècles après sa publication, "Das Kapital. Kritik der politischen Ökonomie" de Karl Marx continue de nourrir la pensée théorique et les controverses relatives aux modèles d'organisation des sociétés. L'empreinte et la pertinence du film de Costa-Gavras tiré du roman publié en 2004 sous la signature de Stéphane Osmont* risquent assurément d'être moins durable. D'autant que ce Capital-là souffre d'un peu de retard à l'allumage ainsi que de la comparaison avec certaines productions étasuniennes, bien plus remarquables, sur le sujet. Quelle moralité (au sens ancien du terme) tirons-nous de ce drame vaguement psychologique ? La soif du pouvoir, la vanité, l'égoïsme, la cupidité de la plupart des acteurs de la haute finance, les détestables (pitoyables !) intrigues auxquelles ils se livrent, leur extrême vulgarité sont notoires et, hélas, persistantes. Costa-Gavras ne dépasse ici jamais le simple niveau de la description ; il semble ne pouvoir ou ne vouloir élever le débat et pousser ainsi le spectateur à une utile réflexion. Dans cette "conjoncture" globalement décevante, la prestation de Gad Elmaleh en Marc Tourneuil, son second grand rôle dramatique après celui dans La Rafle, constitue une assez bonne surprise. Au sein d'un casting hétéroclite (où l'Irlandais Gabriel Byrne et l'Ethiopienne Liya Kebedeapportent une modeste caution internationale), seuls Hippolyte Girardot, Bernard Le Coq et Céline Sallette se distinguent vraiment. ___ *pseudonyme d'un ancien énarque ayant choisi d'enfiler la "pantoufle" (passer de ministère au secteur privé).
Près de trente ans après l'adaptation du roman d'Ernest Tidyman réalisée par Gordon Parks, John Singleton(Boyz n the Hood) décide de prolonger la série* en mettant en scène le neveu du fameux détective new-yorkais. Cette production germano-étasunienne co-pilotée par Scott Rudin suscite d'emblée bien moins d'intérêt cinématographique que l'original, précurseur du courant "Blaxploitation". Influencé par les films et séries des années 1970 (notamment Starsky and Hutch) mais aussi par les comic-books, Shaft se borne à être un polar de pur divertissement, à l'intrigue assez légère quoique lestée par une consommation effrénée de munitions de tous calibres. Les solides prestations de Samuel L. Jackson** et de l'épatant Jeffrey Wright(remplaçant de John Leguizamo) face à Christian Bale(à peine sorti d'American Psycho) très convaincant en sale gosse de riche, la présence de Richard Roundtree dans le rôle qui l'a rendu célèbre, le thème magique et inoubliable d'Isaac Hayes(qui, comme Gordon Parks, fait une apparition) peuvent justifier un visionnage de ce film dont le succès mitigé contraria les velléités de lui apporter une suite.
A défaut d'être vraiment emballants, les films de Josiane Balasko possèdent presque toujours une sincérité et une humanité qui les rendent sympathiques. Moins provocateur que Gazon maudit, cette septième réalisation met à nouveau la solitude des femmes mûres et l'infidélité conjugale au cœur d'une intrigue triangulaire un peu molle et finalement convenue. De toute évidence, la cinéaste parisienne a voulu privilégier son propre plaisir à celui des spectateurs. Reconnaissons toutefois que son épisodique duo avec Nathalie Baye(sa partenaire dans Absolument fabuleux de Gabriel Aghion) fonctionne plutôt bien. Il semble exister une réelle complicité entre ces deux actrices sexagénaires à la trajectoire pourtant assez dissemblables. Est-ce pour autant suffisant ? Malgré sa plaisante sobriété, le Rennais Eric Caravaca ne répond toujours pas aux espoirs placés en lui depuis une bonne dizaine d'années déjà. Et Isabelle Carré doit composer avec un rôle trop étriqué et uniforme. Une passe, ok... mais pas deux !
L'intérêt majeur de World War Ztient dans les idées plutôt novatrices développées par Max Brooks* pour le roman éponyme paru après l'acquisition des droits d'adaptation. L'ouvrage de l'auteur new-yorkais revisite en effet de manière assez significative le sous-genre horrifique "zombies/morts-vivants". Le scénario co-écrit par Matthew Michael Carnahan(State of Play) s'affranchit des particularités formelles de la narration originelle, conservant certains de ses éléments forts (propagation brutale et mondiale de la pandémie, frénésie individuelle et collective des zombies, parade scientifique à l'extension du mal...). La menace, le chaos et l'angoissante survie sont dans l'ensemble bien traduites (ils auraient sans doute pu l'être plus efficacement) par la réalisation de Marc Forster et par les équipes de production. En revanche, l'excessive importance du personnage tenu par Brad Pitt**, aux côtés de l'Israélienne Daniella Kertesz et de Mireille Enos(Sarah Linden de la série The Killing), constitue l'un des principaux points faibles de cette sorte d'antithèse au I Am Legend du concurrent Warner. Une suite(sans script... ni - probablement - Forster) a été annoncée en juin dernier par la Paramount.
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*le fils de Mel Brooks et d'Anne Bancroft avait auparavant publié "The Zombie Survival Guide". **co-producteur du film grâce auquel le projet a pu aboutir. Plus gros score de l'acteur au box-office US malgré des recettes à peine supérieures au budget (202M$ pour environ 190M$), World War Z peut être qualifié de succès en raison de son audience internationale (près de 340M$).
"I'm not afraid of death, but I am afraid of murder."
Sorti entre les deux premiers volets de la trilogie The Godfather, ce projet porté par Francis Ford Coppola depuis 19661 demeure un film étrange, atypique. Drame psychologique aux faux airs de thriller (horrifique ?), The Conversationévoque de manière implicite le Blowup d'Antonioni, autre "Palme d'or" cannoise2, mais il s'en démarque toutefois, notamment par un réalisme plus important. Le tour de force du cinéaste, outre son surprenant travail sur la bande-son, consiste à développer une tension durable à partir d'un élément narratif dont la trivialité s'affirme tout au long du métrage. L'énigme du film, c'est avant tout le personnage d'Harry Caul, spécialiste de l'indiscrétion obsédé par la protection de ses propres secrets, perturbé par un mystérieux remord. Vieilli, enlaidi pour les besoins du rôle, Gene Hackman3 dévoile ici des facettes de son jeu rarement exploitées face à quelques acteurs secondaires plutôt effacés sauf John Cazale et Harrison Ford(engagé initialement, comme Robert Duvall, pour ne faire qu'une apparition). ___
1. i.e. dès l'époque de You're a Big Boy Now, son mémoire de maîtrise à l'U.C.L.A. 2. le deuxième film produit par Coppola a en effet obtenu, sept ans après, celle de la 27e édition. Plusieurs fois nommé aux Golden Globes et aux Academy Awards, il est entré en 1995 au National Film Registry. 3. The Conversation est le film (dans lequel il joue) préféré de l'acteur.
"... And I'll keep on changing partners
Till I hold you once more."
Quelles furent donc les intentions (conscientes et subliminales) de Paul Thomas Anderson en écrivant ce film ? Cinq ans - rythme habituel - après le puissant There Will Be Blood, le cinéaste californien nous prend véritablement à contre-pied. La psychologie, l'histoire étasunienne, les rapports de force et l'infirmité tiennent toujours une importance décisive. Mais The Master* déroute plus qu'il ne nous grise. Quel est d'ailleurs le personnage central ? Lancaster Dodd qui donne son "titre" au film ou Freddie Quell sur lequel se fonde le récit ? Fiction inspirée du documentaire Let There Be Light réalisé en 1946 par John Huston pour le gouvernement étasunien**, The Master soulève donc la question des névroses de guerre ("I believe, in your profession, it's called 'Nostalgia'") et de leurs hypothétiques traitements (par hypnose et narcothérapie). L'aspect mystico-sectaire du scénario finit néanmoins par dominer, rendant l'ensemble moins cohérent et déchiffrable. Production, réalisation, photographie (celle de Mihai Malaimare Jr., collaborateur de Coppola et remplaçant de Robert Elswit indisponible) ne souffre en revanche d'aucun réel défaut. L'on apprécie aussi et surtout les remarquables interprétations de Joaquin Phoenix et Philip Seymour Hoffman judicieusement réunis pour la première fois.
___ *grâce auquel Anderson a reçu le "Lion d'argent" de la 69e Mostra. Le film a cependant connu une audience assez réduite, la plus faible de la carrière du cinéaste. **et interdit de diffusion pendant une trentaine d'années