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Le péplum a connu, en 2000, un second et stimulant renouveau grâce au Gladiator. Le vif succès du film de Ridley Scott explique sans doute la décision des producteurs concurrents d'investir dans ce genre souvent méprisé. Près d'un demi-siècle après Helen of Troy de Robert Wise, la Warner charge ainsi Wolfgang Petersen* de diriger une nouvelle version de ce mythique conflit narré notamment par Homère dans "l'Illiade". Le studio dirigé par Barry Meyer dote Troy de moyens importants (environ 175M$) et autorise le scénariste David Benioff (auteur et adaptateur du polar 25th Hour de Spike Lee) à prendre de multiples libertés narratives vis-à-vis du poème épique. Le film est certes spectaculaire, dominé par plusieurs épisodes de batailles chaotiques et sanglantes. Mais la dimension tragique, essentielle et universelle, a disparu au profit des motivations et des rivalités particulières. Les dialogues, assez pauvres, ne reflétant pas non plus la puissance lyrique originelle. Cette production tient aussi et ouvertement lieu de véhicule de promotion pour Brad Pitt** au cœur d'une distribution solide mais formatée à l'extrême (sauf Peter O'Toole). Troy assure donc la forme, mais hélas pas le fond.
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*désigné après le refus de Terry Gilliam.
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*désigné après le refus de Terry Gilliam.
**quatrième plus grosse audience (497M$ dont seulement 133M$ aux Etats-Unis) pour un film avec l'acteur.


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