"Well, the savagery of the attack would suggest the action of an animal. Or a lunatic, perhaps."

Depuis la vogue du loup-garou au cinéma dès le début des années 1980(1), puis son retour en force avec l'entrée dans ce nouveau siècle(2), il fallait bien s'attendre à voir surgir le projet d'un remake du film de Curt Siodmak
et George Waggner
produit en 1941 par ce dernier pour Universal
. Dans la longue tradition du film lycanthropique née avec Henry MacRae (1913) et Stuart Walker (1935), The Wolf Man
(auquel Jean Yarbrough donnera, cinq ans plus tard, avec She-Wolf of London
une version féminine) avait indéniablement marqué les esprits, gagnant le statut de classique au même titre que le Dracula
de Tod Browning
ou le Frankenstein
de James Whale
. Doté d'un budget presque cent fois supérieur(3), The Wolfman
(dans lequel Benicio Del Toro
et Anthony Hopkins
reprennent les rôles de Lon Chaney Jr.
et Claude Rains
) modernise le mythe sans convaincre vraiment.















Angleterre, 1891. Venue à Londres pour solliciter l'aide de Lawrence Talbot, le frère de Benjamin son fiancé disparu depuis un mois, Gwen Conliffe essuie un refus. Le célèbre comédien shakespearien, à la veille de partir avec sa troupe se produire en Amérique, a rompu depuis longtemps toute relation avec sa famille. Il prend pourtant le train pour Blackmoor et y retrouve son père John, lequel lui apprend que le cadavre de Ben, affreusement mutilé, a été entre-temps retrouvé. Après les funérailles, Gwen retourne à la capitale. Un médaillon trouvé parmi les objets de son frère pousse Lawrence à désobéir à son père et à se rendre, une nuit de pleine lune, au camps gitan installé dans la forêt où il interroge Maleva. Mais leur conversation est interrompue par l'arrivée de villageois, bien décidés à abattre l'ours soupçonné d'être responsable de plusieurs meurtres sauvages. Une monstrueuse et furtive créature crée cependant bientôt la panique et fait un carnage. Poursuivie par Lawrence, elle l'attaque et le mord férocement à l'épaule avant d'être mise en fuite par les tirs de fusil des rescapés.

Comme Kenneth Branagh
pour Mary Shelley's Frankenstein
(et contrairement à Coppola
avec Bram Stoker's Dracula
), The Wolfman
peine à faire revivre le fabuleux personnage imaginé dès la Grèce antique. Co-signé par Andrew Kevin Walker
(Se7en
, Sleepy Hollow
) et David Self (Road to Perdition
), l'alambiqué scénario se perd dans d'inutiles détours indo-tziganes dont la conséquence immédiate est de faire régulièrement retomber la tension dramatique et d'affaiblir la narration, en particulier de la version longue (deux heures contre quatre-vingt deux minutes pour celle diffusée en salles). La contribution personnelle de Joe Johnston
, remplaçant tardif de Mark Romanek
à la réalisation de cette production longtemps en jachère, ne saute pas aux yeux. Ce septième (troisième en neuf ans) film de l'ex-responsable d'effets visuels chez George Lucas
reste en effet assez conventionnel, à l'image d'ailleurs de la prestation des principaux acteurs. A son crédit, The Wolfman
donne une furieuse envie de revoir The Curse of the Werewolf
de Terence Fisher
... ou de relire la première nouvelle d'un fameux recueil de Boris Vian
!
















___
1. hurlée par The Howling
, American Werewolf in London
(en attendant son prochain remake - et la plus tardive excursion ... in Paris
), Wolfen
, tous sortis en 1981, The Company of Wolves
et Wolf
.






2. assuré de façon inégale à travers les trilogies Ginger Snaps
et Underworld
, Cursed
, Skinwalkers
ou Blood and Chocolate
... voire Le Pacte des loups






3. environ 150M$, non atteint par les recettes mondiales du film (139,8M$ dont 44% aux Etats-Unis).
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