
"... Wise men know well enough what monsters you make of them."
Grand succès lors de sa sortie, classé quinzième meilleur film britannique par le British Film Institute en 1999, Brighton Rock
reste un solide polar, nerveux et sournois à souhait. Adapté de son roman paru en 1938 par Graham Greene
associé à Terence Rattigan
(1), ce deuxième des onze films réalisés par John Boulting
(2) recèle en effet une aigreur qui contraste fortement avec la douce friandise évoquée par le titre(3). Le réalisateur y mettait à nouveau en vedette (après Journey Together
) Richard Attenborough
. Un rôle grâce auquel le jeune acteur se fit remarquer aux côtés d'une débutante, Carol Marsh
choisie parmi deux mille postulantes, future partenaire de Christopher Lee
dans le Dracula
de Terence Fisher
et qui retrouvera Hermione Baddeley
dans le drame dickensien
Scrooge
.
Grand succès lors de sa sortie, classé quinzième meilleur film britannique par le British Film Institute en 1999, Brighton Rock















Si le prologue surprend quelque peu le spectateur(4), la tonalité de l'immédiate suite le plonge presque aussitôt dans la noirceur et l'agitation du récit imaginé par Graham Greene
. A l'image de cette implacable chasse à l'homme à travers le Brighton des années 1930 au cours de laquelle le malheureux Fred, dont l'implication dans le crime initial reste floue, cherche désespérément un hypothétique secours(5).
Ou à celle de la visite nocturne pour tenter de prélever, avec
violence, une périodique souscription. Sans prétendre être un véritable
film-noir, Brighton Rock
en possède plusieurs caractéristiques, en particulier d'adroites
utilisation de l'espace urbain ou composition des images et des
éclairages. La trame narrative manque néanmoins parfois de clarté,
affichant aussi une volonté peut-être trop appuyée d'impressionner
artificiellement le public. En post-adolescent (17 ans) sans vice apparent mais asocial, frénétique et brutal, révulsé à l'idée même d'amour, Richard Attenborough
(6) se montre assez épatant(7). Il n'éclipse pourtant pas les prestations d'Hermione Baddeley
, enquêtrice improvisée aux rires tonitruants, de la vulnérable Carol Marsh
, d'Harcourt Williams (alias Prewitt, sans doute le personnage le plus intrigant de ce polar) ou d'un William Hartnell
sous-exploité. A noter enfin, la nouvelle version
réalisée en 2010 par Rowan Joffé
avec Sam Riley
, Andrea Riseborough
et Helen Mirren
.











___
1. récompensé par le "Prix de scénario" (The Browning Version
) à Cannes en 1951, nommé deux fois aux BAFTA et aux Academy Awards pour quatre scénarii différents.

2. réalisateur de Seven Days to Noon
(candidat au "Lion d'or" 1950) avec l'un de ses deux frères jumeaux Roy
, producteur de celui-ci pour l'adaptation de la pièce "Honeymoon Deferred" intitulée The Family Way
et primé aux BAFTA 1960 du meilleur scénario pour la comédie I'm All Right Jack
.




3. et par un des premières répliques d'Ida Arnold.
4. une concession faite au tourist office de la populaire station balnéaire ?
5. jusqu'à ce qu'il soit victime d'un étrange concours de
circonstance avec pour seuls témoins une fillette apeurée et son
grand-père... aveugle !
6. avec lequel John Boulting
collaborera encore à cinq reprises jusqu'en 1959.

7. un rôle déjà tenu dans la pièce montée en 1944 au "Garrick Theatre" avec Dulcie Gray
en Rose.

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