jeudi 4 décembre 2008

Superman Returns


Séance de rattrapage pour le premier opus de cette nouvelle série... qui pourrait bien être aussi le dernier.
Sans doute inégal, Superman Returns ne fait pas affront à la franchise dirigée dans les années 1970-1980, notamment par les deux Richard, Donner et Lester.
Le film de Bryan Singer comporte même de bonnes, voire très bonnes choses. Le scénario mêle plutôt judicieusement drame et humour, l'interprétation de Brandon Routh supportant aussi largement la comparaison avec celles de son défunt prédécesseur Christopher Reeve.
J'apprécie particulièrement la belle prestation de Kevin Spacey, supérieure à celle de Gene Hackman, et les trop courtes apparitions d'Eva Marie Saint. Seule Kate Bosworth ne réussit pas à se montrer vraiment à la hauteur de la vivante et effrontée Margot Kidder.
Enfin, il est amusant de noter, sortant du coïncident visionnage d'Indiana Jones and the Kingdom of the Crystal Skull, cette tendance assumée à la paternité pour nos héros jusque-là les plus solitaires. Manquerait plus qu'ils nous "casent" Batman, Spider-Man et... Lucky Luke !! (fly)

Réponse au "SUPERMAN DOIT être un grand baraqué, là on a l'impression d'un bénét dans un collant !" (speedy) :
Choisir un acteur bodybuildé comme Dwayne 'The Rock' Johnson par ex. aurait été une flagrante erreur de casting : Superman n'a pas besoin d'être baraqué pour être puissant !

lundi 1 décembre 2008

Let's Get Lost


"Don't worry baby, the deterioration's on the inside."

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Si la Terre n'était pas soumise à la gravité, Chet Baker ne serait pas tombé, il y a tout juste vingt ans cette année, de la fenêtre de sa chambre à Amsterdam mais aurait peut-être rejoint le ciel. L'année précédente, le photographe Bruce Weber, connu pour sa mise en valeur sculpturale de la plastique surtout masculine, lui avait consacré son premier film. Lui et le jazzman s'étaient rencontrés pour la première fois, au cours de l'hiver 1986, dans un club de New York et avaient alors convenu de collaborer pour une séance photo et un clip. La complicité ainsi instaurée permet à Weber d'obtenir de Baker son accord pour un long métrage documentaire. Tourné aux Etats-Unis (Santa Monica) et en France (Cannes), présenté en première au Toronto Film Festival, sélectionné à Sundance puis nommé aux Academy Awards 1989, Let's Get Lost porte un regard à la fois amical et intransigeant sur l'homme plus que sur le musicien.
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A partir d'images d'archives et de témoignages de proches, en particulier de trois de ses compagnes, Bruce Weber dresse progressivement un portrait de Chet Baker presque aussi contrasté que cette image en noir&blanc qu'il affectionne spécialement. Sous la conduite du cinéaste, l'itinéraire chaotique de l'ancien partenaire du génial Charlie Parker et de Gerry Mulligan, utilisateur comme ce dernier de stupéfiants et amoureux de belles bagnoles, emprunte quelques raccourcis qui pourront frustrer les amateurs de documents proprement didactiques. Climatique, stylisé et désordonné, Let's Get Lost, à l'image du "Chet" d'Alain Gerber publié en 2003, n'a en effet rien d'une classique biographie comme celle produite en 2001 par Mike Dibb sur Miles Davis. Il est plutôt le récit banal mais tragique (ou l'inverse) d'une lente agonie, celle d'un artiste précocement populaire (et parti trop tard ?) devenu, un peu malgré lui au cours des années 1950, une icône grâce notamment au photographe William Claxton.
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Ange déchu ou "dieu grec" tombé d'un improbable Olympe oklahomien et cherchant à fuir son incompréhensible exil, y compris par l'artifice, Chet Baker, dont le visage porte de façon poignante les stigmates de son déclin physique, est néanmoins parvenu dans l'indifférence presque générale à atteindre une incontestable et éclatante maturité musicale que n'aborde hélas pas le film. Un travail de documentariste comparable à celui réalisé pour The Universal Mind of Bill Evans aurait sans doute été captivant ; mais Baker s'y serait-il prêté ? Intéressant à plus d'un titre, Let's Get Lost s'adresse davantage au grand public qu'aux passionnés de jazz pour lesquels la discographie du trompettiste-chanteur et son autobiographie partielle et posthume, "As Though I Had Wings" (1997), restent les pièces essentielles pour comprendre et faire revivre l'inspirateur d'All the Fine Young Cannibals. Ou, pour les plus mélancoliques telle Vanessa Paradis, "(écouter Chet Baker,) pleurer sur tout ce qui s'enfuit."

Indiana Jones et le royaume du crâne de cristal Indiana Jones and the Kingdom of the Crystal Skull (indiana jones et le royaume du crâne de cristal)


"Il l'a rapporté là où il l'a trouvé. Pourquoi ?"

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On n'y croyait presque plus. La production de ce quatrième épisode, presque vingt ans après l'acclamé dernier volet de la trilogie Indiana Jones, annoncée sans grande conviction et sans cesse repoussée était progressivement devenue la rumeur la plus durable et improbable de l'univers spielbergo-lucasien. Et puis, Harrison Ford, son plus ardent promoteur, a fini par recoiffer l'emblématique feutre du célèbre aventurier dont les péripéties avaient, au début de la décennie 1980, renouvelé le genre... et fait le bonheur commercial et financier de la Paramount. Indiana Jones and the Kingdom of the Crystal Skull constitue d'ailleurs désormais l'opus le plus fructueux de la série*. L'occasion également pour l'archéologue vieillissant de renouer avec son ancienne idylle de Raiders of the Lost Ark, Marion Ravenwood alias Karen Allen, et (fausse révélation !) de se découvrir le père d'un Henry (III) auquel Shia LaBeouf prête ses traits.
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Nevada 1957. Un convoi militaire circule sur une route en direction d'une base située au milieu du désert. Les soldats du poste de garde refusant son accès, ils sont soudainement abattus par plusieurs de leurs apparents homologues, en réalité des hommes d'une troupe soviétique, descendus des véhicules. Une fois dans la place, les hommes de ce commando extraient George 'Mac' McHale et Indiana Jones du coffre d'une automobile où ils étaient enfermés. Sous la menace de plusieurs soldats armés et les invectives musclées de leur chef, il est alors demandé à celui-ci de révéler l'endroit du vaste hangar devant lequel ils se trouvent où a été entreposé une caisse dont ils convoitent le contenu. Jones cède finalement aux arguments plus tranchants du colonel-docteur Irina Spalko, mais, une fois découvert le conteneur où a été conservé le corps de l'extraterrestre de Roswell, il parvient à échapper à ses adversaires. En plein maccarthysme, cette collaboration bien involontaire vaut toutefois au professeur Jones un interrogatoire, une surveillance serrée de la part du F.B.I. et sa mise en congé forcé de l'université. Au départ du train qui doit l'emmener à New York, Jones est interpellé par un jeune homme en motocyclette. Mutt Williams lui parle d'Harold Oxley, un ami et brillant collègue que Jones n'a pas revu depuis vingt ans. Six mois plus tôt, la mère de Mutt avait reçu une lettre d'Oxley envoyée du Pérou où le scientifique aurait trouvé un crâne en cristal. Depuis, 'Ox' et Mrs Williams partie à sa recherche avaient été enlevés.
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Evidemment, la question qui s'impose à propos de ce tardif opus consiste à savoir s'il répond à l'attente et aux espoirs. Une réponse catégorique ne peut franchement pas être apportée. Ce Kingdom of the Crystal Skull se montre certes récréatif et animé, multipliant notamment les allusions ou citations à quelques films dont la plus explicite est sans doute celle faite à The Wild One de Laslo Benedek. Mais le problématique et laborieux scénario, finalement co-signé par Jeff Nathanson (chargé par Spielberg d'adapter Catch Me If You Can) et par David Koepp (Jurassic Park), comme les interprétations apparaissent un peu poussifs et mécaniques. Etrangement, la logique narrative et formelle sur laquelle semble reposer le film s'apparente davantage au jeu vidéo qu'au cinéma proprement dit (il est vrai que la frontière entre ces deux "divertissements" tend, ces derniers temps, assez nettement à s'estomper !). La direction artistique et les effets spéciaux dans Indiana Jones IV prennent d'ailleurs visiblement le pas sur le récit et le jeu des acteurs. Une évolution qui n'a rien de dramatique en soi, surtout replacée dans son contexte concurrentiel, mais toutefois un peu décevante concernant le probable dernier épisode de la série. A moins qu'une troisième génération, incarnée par Shia LaBeouf, ne reprenne bientôt le flambeau... je veux dire le chapeau et le fouet !
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*mais pas le plus rentable puisqu'avec 786M$ de recettes (dont près de 60% réalisé à l'étranger) pour environ 185M$ de budget, il est devancé sur ce plan par les trois précédents films de la série, dans l'ordre de leur sortie.