"... Somewhere along the infinite corridors of time."

Fabuleux
mythe humain et littéraire, le voyage dans le temps a évidemment
inspiré, de près ou de loin, près d'une soixantaine de scénarii. A
commencer par l'adaptation du premier roman d'H.G. Wells
, The Time Machine
, produite et réalisée par George Pal
. Time Tunnel
doit aussi peu à la métaphore socio-politique du Britannique qu'au
récit éponyme d'anticipation salvatrice paru en 1964 sous la plume de
son cadet étasunien William Fitzgerald Jenkins alias Murray Leinster
(déjà auteur de "Forgotten Planet" notamment). La troisième série de science-fiction du scénariste-producteur Irwin Allen
a pourtant marqué les esprits des téléspectateurs des années 1960 et
sans doute aussi l'histoire du média. Le contexte politico-scientifique
national(1) fertilisa il est vrai les imaginations. Tel le financement, à hauteur de sept milliards de dollars(2), d'un projet de voyage non plus spatial mais temporel.







Le concept élaboré par l'auteur de Voyage to the Bottom of the Sea
et Lost in Space
a l'avantage d'être a priori simple : faire de deux scientifiques,
reconvertis malgré eux en pugnaces aventuriers "perdus dans le temps",
les témoins et acteurs de pages particulièrement dramatiques de
l'histoire universelle ou singulière, réelle ou parfois mythologique.
Aux tournages en décors de studio et quelques extérieurs, la production
associe assez régulièrement des séquences de longs métrages proches sur
le plan narratif. La série ne souffre pas trop du phénomène de
répétition articulé autour de la mise en (grave) danger des
personnages principaux et les élucubrations pseudo-techniques d'agents
de soutien voués à d'absconses manipulations. Des contradictions
mineures ou plus substantielles (en particulier l'incapacité de rapatriement de Tony et Doug quand cela se révèle possible pour d'autres individus ou objets) pénalisent en revanche la cohérence des scripts. Personnage secondaire dans The Brothers Rico
et dans The Guns of Navarone
, James Darren
occupe ici, comme d'ailleurs son aîné Robert Colbert
, l'un des principaux rôles d'une carrière surtout télévisuelle. Whit Bissell
(Hud
), John Zaremba
et la probante Lee Meriwether
(Miss America 1955, première interprète de Catwoman dans le Batman
de Leslie H. Martinson) jouent tout de même un peu les utilités.











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1. le président John Fitzgerald Kennedy lance, le 25 mai 1961, la
conquête lunaire, mobilisation sans précédent de ressources humaines et
financières destinée à battre l'U.R.S.S. à la course spatiale dont
l'apogée est atteinte le 20 juillet 1969.
2. soit un peu moins que les sommes cumulées (environ 8,6Md$) allouées au programme Apollo entre 1960 et 1966.
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