mardi 17 décembre 2013

Un Singe en hiver

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"L'imprévu ? Qu'est-ce que ça veut dire ?"


L'une des œuvres d' parmi mes préférées ! Première adaptation d'un roman ("Prix Interallié" 1959) d'Un Singe en hiver allie en effet avec une fantaisie éclairée drame coutumier et comédie, poésie et prosaïsme cordial. Incitation condamnable à l'alcoolisme pour certains (censeurs et distributeurs étrangers notamment) atteints sans doute de cécité lourde, ce film me paraît davantage constituer un formidable éloge de l'ivresse désinvolte, de l'évasion imaginaire, foncièrement exotique. Adroit et équilibré, le scénario de François Boyer (Jeux interditsLa Guerre des boutons...) réussit à préserver l'esprit de l'ouvrage tout en évitant les écueils littéraires qu'il recèle ; les dialogues de Michel Audiard participant bien sûr à la malicieuse vitalité du traitement. Et puis, Jacques Bar et  ont été aussi les premiers et les seuls à avoir réuni * et *. Trente ans d'écart, des trajectoires cinématographiques certes dissemblables mais entre lesquels complémentarité, complicité spontanée sautent immédiatement aux yeux. L'interprétation de la délicate et lumineuse *, la présence de , de  et de plusieurs autres seconds rôles "familiers" achèvent de nous enchanter.
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*respectivement à l'affiche, la même année, du Gentleman d'Epsom, de Cartouche et du Doulos, du Procès d'.



lundi 16 décembre 2013

Le Cave se rebiffe

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"Faire confiance aux honnêtes gens est le seul vrai risque des professions aventureuses."

Sept ans après Touchez pas au grisbi de Albert Simonin adapte avec Michel Audiard et  le deuxième volet de sa trilogie 'Max le Menteur'. Résolument comique contrairement au précédent, Le Cave se rebiffe s'avère presque aussi réjouissant que Les Tontons flingueurs que Georges Lautner réalisera deux ans plus tard pour la Gaumont. Le scénario favorise plaisamment les embrouilles, les dialogues d'Audiard font partie des grands crus de l'ancien collaborateur d'André Hunebelle et la distribution ne dépare pas, bien au contraire.  (Max dans le film de ) tient ici le personnage de Ferdinand Maréchal dit 'le Dabe', secondaire dans le roman mais développé pour lui par les scénaristes. ,  et quelques autres (...) sont invités à ajouter leur grain de sel et donner la réplique, quasiment toujours avec talent.

Le Président

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"... Permettez moi, messieurs, de préférer le langage des hommes : je comprends mieux."


Entre documentaires et films militants, les pures fictions politiques françaises (un genre récemment réactivé grâce à  avec son réussi Exercice de l'Etat) sont bien trop rares pour que l'on puisse raisonnablement faire l'impasse sur celles qui ont pu être produites. Moins de trois ans après le référendum d'approbation de la constitution de la Ve République1, appuyé par le trio de producteurs Jacques BarRaymond Froment (L'Année dernière à Marienbad) et Ernest Rupp, s'intéresse à une personnalité imaginaire du régime précédent. Libre2 adaptation du roman éponyme de 3Le Président dresse le portrait d'Emile Beaufort4, un politicien indépendant (voire "incataloguable"5), intègre et exigeant, exerçant sans état d'âme son pouvoir de manière certes concertée mais essentiellement solitaire. Le film illustre davantage le désuet apparat républicain de cette époque que ses caractéristiques combines politicardes, même si sanction et moyens de pression constituent le cœur de la narration. Le discours interpellateur prononcé à l'Assemblée nationale, épisode saillant du scénario, a conservé, plus d'un demi-siècle après son prononcé, toute sa stupéfiante pertinence. Dans cet environnement spécifique, les dialogues de  font pourtant une nouvelle fois mouche tant dans la percussion que la nuance. La rivalité (déséquilibrée) des personnages interprétés par  et 6, entourés de quelques solides seconds rôles (...), s'avère cependant moins décisive qu'attendue.
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1. quelques semaines après le vote de la Politique agricole commune.
2. les principales modifications concernent le débat parlementaire, absent de l'ouvrage conçu presque comme un huis clos, et la fin.
3. la seconde du cinéaste après Le Fruit défendu, troisième si l'on tient compte du segmenté  dont l'une des trois parties était tirée d'une nouvelle de l'écrivain belge.
4. simplement Augustin (référence impériale ou théologique ?) dans l'ouvrage, prénom repris par un cultivateur haut-normand, ami de l'ancien président du conseil.
5. "mélange d'anarchiste et de conservateur, dans des proportions qui restent à déterminer."
6. castés ensemble près d'une dizaine de fois entre 1937 et 1961, les deux acteurs venaient de s'opposer dans Les Misérables de Jean-Paul Le Chanois.




vendredi 13 décembre 2013

Les Vieux de la vieille

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Adaptation du roman éponyme de René Falletpublié en 1958, cette comédie ("farce" selon le générique) de  (troisième des cinq collaborations du cinéaste parisien avec le producteur Jacques Bar) fleure bon les Trente Glorieuses à la française, vues d'une petite localité vendéenne** par trois turbulents retraités. Plus que l'histoire elle-même, bavarde digression sur l'amitié conflictuelle et les antagonismes générationnels, c'est évidemment le trio d'acteurs réuni pour l'occasion qui constitue le sel du film.  (qui avaient déjà tourné ensemble dans La Grande illusion) et  (dans l'un de ses derniers personnages au cinéma) rivalisent en matière de rusticité, notamment langagière, et d'agitation atrabilaire. Certains des dialogues de Michel Audiard mériteraient d'ailleurs d'être sous-titrés. Quelques notoires seconds rôles (...) poivrent en outre la distribution. Cocasse, sans plus !
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*co-scénariste de Fanfan la Tulipe, auteur déjà à l'origine de Porte des Lilas et Le Triporteur.
**Apremont (sur la rivière Vie !) renommé Tioune. L'Allier était le décor originel du récit.


jeudi 12 décembre 2013

Wichita (un jeu risqué)

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Wyatt Earp est surtout connu (au cinéma en particulier) pour sa participation à la mémorable fusillade d'O.K. Corral dans la ville de Tombstone (Arizona) en octobre 1881. Produit par Walter Mirisch (le cadet des trois frères ne possédait pas encore la notoriété acquise à partir de la fin de cette décennie), Wichita s'intéresse à une période antérieure du personnage. Sans manifeste préoccupation pour la véracité historique,  (co-scénariste notamment des séries TV  et ) invente un bref épisode assez nettement apologique. Aussitôt après avoir tourné Stranger on Horseback pour Robert Goldstein dirige une troisième et dernière fois . Manichéen donc mais solide, ce pénultième des six westerns du réalisateur doit beaucoup à la photographie d'Harold Lipstein*. Comme  (Frontier Marshalavant lui**,  offre une interprétation bien trop conventionnelle du personnage principal. A ses côtés, la délicieuse  (à la carrière alors très télévisuelle) et  ne parviennent pas vraiment à donner de la consistance aux seconds rôles qui leur sont confiés. La curiosité réside plutôt dans les apparitions de , de  ou encore de  (non crédité).
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*grâce à laquelle le film à obtenu l'inédit "Golden Globe" du meilleur drame en extérieur.
**et à la différence d' (My Darling Clementine).


lundi 9 décembre 2013

[REC]³ Génesis

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"Hoy es mi día."

Inconsistant, imbécile et grotesque. Digne des pires séries Z... en moins drôle ! A partir de ce troisième volet (et fausse prequel) de la série,  et  ont donc décidé de faire  à part. Le Valenciano et ses deux co-scénaristes optent cette fois, afin de trancher avec les précédents films, pour une ambiance festive, fantaisiste et ouvertement gore. La matière narrative s'avère pitoyable, la production misérable. Rien n'est à sauver, pas même la jolie Barcelonaise  a repris la main pour [REC] 4: Apocalipsis, marqué par le retour de  dans le rôle de la journaliste Ángela Vidal. Pour le meilleur ou pour le pire ?


dimanche 8 décembre 2013

Mélodie en sous-sol

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"Un film solide et un polar français qui compte dans l'histoire du cinéma" disais-je (en juin 2004) à propos du Clan des Siciliens, production postérieure du même et polyvalent 1. C'est sans doute encore plus vrai dans le cas de . Et, paradoxalement, celui-ci a, dans l'ensemble, bien mieux traversé le demi-siècle écoulé. Librement adapté d'un roman policier US2 par Albert Simonin (auteur notamment de la fameuse trilogie 'Max le Menteur'3) et pourvu de quelques savoureux dialogues de Michel Audiard, ce film de casse (d'un casino) reste assurément comme l'une des références du genre. L'incroyable, spectaculaire et mémorable final imaginé par le réalisateur a d'ailleurs largement contribué à sa formidable notoriété. La première des trois rencontres au cinéma de  et 4 constituant l'argument préalable et déterminant de son prévisible succès5. Le plus jeune des deux acteurs (davantage présent à l'écran me semble-t-il) vole d'ailleurs, involontairement, un peu la vedette à son admiré aîné. Opérant, parfois remarquable, doté de seconds rôles astucieusement variés6  mérite toujours sa belle réputation. Seuls quelques inutiles détails du script et la bande originale de Michel Magne sonnent aujourd'hui légèrement faux.
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1. le cinéaste d'origine arménienne (ici assisté par Claude Pinoteau et ) ne venait-il pas de réaliser une comédie dramatique, Un Singe en hiver, avec l'inédit duo - ?
2."The Big Grab" publié en 1960 par Zekial Marko alias John Trinian, l'année suivante dans le célèbre "Série noire". L'écrivain étasunien est également l'auteur de "Scratch a Thief" à l'origine de Once a Thief... avec .
3. Touchez pas au grisbiLe Cave se rebiffe et "Grisbi or not Grisbi" devenu Les Tontons flingueurs.
4.  était, au départ, pressenti pour être le partenaire de  (ils n'ont, finalement, jamais tourné ensemble). , entre  L'Eclisse d' et Il Gattopardo de , a obtenu le rôle en acceptant de jouer sans cachet. Les droits de distribution dans trois pays étrangers, dont le Japon, reçus en contre-partie ont rendu cet "investissement" très profitable.
5. la Metro-Goldwyn-Mayer avait soutenu la production en acquérant les droits d'exploitation aux Etats-Unis.