mercredi 9 octobre 2013

Highway 301

******
Solide polar (à vocation éducative ou politique1 ?) écrit et réalisé par Andrew L. Stone, plus connu jusque-là pour avoir dirigé des comédies parfois musicales, Highway 3012 relate les derniers méfaits du Tri-State Ganget les circonstances de la mort violente de son chef George Legenza à Richmond City (Virginie) en 1935. Partisan d'un réalisme poussé, Stone traite ce récit un peu à la manière d'un documentaire à charge, focalisé sur les faits, les éléments de l'enquête policière mais aussi la violence débridée dont faisait preuve Legenza. Une impression renforcée par la narration du sergent Truscott. Le casting réuni par Brian Foy (He Walked by NightCrime Wave...) pour la Warner est plutôt intéressant, en particulier parce que les personnages féminins y sont presque aussi importants4 que les masculins, une rareté dans le genre.  (Big Ed Somers dans White Heat de ), , la Française  (aperçue notamment chez  ou ) et  se montrent en l'occurrence plus qu'à la hauteur des ambitions du film.
___
1. si l'on se fie au solennel préambule délivré successivement par les gouverneurs du Maryland, de Virginie et de Caroline du Nord. Ou au bref épilogue du sergent Truscott : "You cannot be kind to congenital criminals like these. They would show you no mercy. Let them feel the full impact of the law."
2. parfois traduit en français par "témoin de la dernière heure" ou "meurtre inachevé". L'autoroute en question, jamais mentionnée dans le film, relie les trois états cités précédemment.
3. sujet d'un épisode (le neuvième de la première saison) de la série The Untouchables.
4. malgré l'illustration choisie pour la chronique !


Shane (l'homme des vallées perdues)

******
La réputation1, quasi légendaire, acquise par cet unique véritable western produit et réalisé par  m'a toujours parue surévaluée. Quelles peuvent bien en être les raisons ? Le récit romanesque de Jack Schaefer (Monte Walsh), celui d'une virulente confrontation entre colons fermiers et éleveur du Wyoming adapté par A.B. Guthrie Jr. (auteur de The Big Sky) reste classique tout comme la figure de son héros-justicier solitaire2. Le présumé raffinement psychologique des personnages parfois évoqué me paraît abusif, un argument qui ne tient d'ailleurs pas la distance des presque deux heures du métrage. La réalisation très académique de l'ex-chef opérateur  ne soulève pas non plus un réel enthousiasme. Pas plus que la prestation des acteurs principaux 3,  (l'une des actrices préférées de , absente des écrans depuis A Foreign Affair en 1948, y interprétait son ultime rôle au cinéma),  ou de soutien  (témoin privilégié de la narration) et  (en "villain" surfait). L'engouement singulier et durable à l'égard de Shane, sans doute renforcé par sa grande simplicité, n'a peut-être rien de purement rationnel. Un attribut fréquent en art, dans le Septième en particulier !
___
1. nommé dans six catégories aux 26e Academy Awards (seul Loyal Griggs fut primé pour sa photographie couleur), entré en 1993 au National Film Registry, Shane a été classé 45e des "plus grands films de tous les temps" (2007) et 3e (derrière The Searchers et High Noon) des "dix meilleurs westerns" (2008) par l'American Film Institute.
2. repris en 1966 par  pour une série télévisée.
3. George Stevens avait engagé Montgomery Clift pour être Shane et William Holden en Joe Starrett avant qu'ils ne choisissent de tourner un autre film, compromettant un moment la poursuite de la production. Katharine Hepburn a initialement été pressentie pour le rôle de Marian.

mardi 8 octobre 2013

Oz the Great and Powerful (le monde fantastique d'oz)

******
"You're capable of more than you know..."

Produit par Joe Roth1 et Walt Disney PicturesOz the Great and Powerful donc été conçu comme une prequel au premier roman de la série écrite par L. Frank Baum. Et, par conséquent, à la célèbre adaptation musicale réalisée par Victor Fleming pour la Metro-Goldwyn-Mayer2 sortie en août 1939 (après avoir été candidate à la toute première "Palme d'or"). Le scénario co-écrit3 par  (The Whole Nine Yards) et  (Rabbit HoleRise of the Guardiansnous narre donc les circonstances de l'arrivée du magicien Oscar Diggs4 au pays d'Oz et la bataille menée contre les deux malfaisantes sorcières. Le film entré en 1989 au National Film Registry dissimulait, sous son récit fantastique pour la jeunesse, une métaphore socio-économique. Celui réalisé par constitue un divertissement astucieux et plutôt réussi destiné à un assez large public. Le discours un peu moralisateur (la rédemption, à travers la figure du sauveur, d'un personnage fabulateur, manipulateur, ég(oïste)centrique) se trouve heureusement contrebalancé par l'apport narratif de l'illusion (pré-cinématographique !), par les inventions visuelles (parmi lesquelles le préambule au format historique 4:3 en noir & blanc) et par la qualité relative d'une distribution dans laquelle 6 et  tiennent les principaux rôles7. Une suite a été annoncée.
___
1. promoteur du Alice in Wonderland de  et de Snow White and the Huntsman de  pour Universal.
2. dont les droits (sur les personnages) appartiennent désormais à la Warner
3. sous l'étroit patronage de quelques avocats !
4. Oscar Zoroaster Phadrig Isaac Norman Henkel Emmannuel Ambroise Diggs.
5. Sam Mendes et Adam Shankman ont été pressentis pour la direction.
6. l'interprète d'Harry Osborn dans la trilogie Spider-Man du même  a été choisi après les refus de Robert Downey Jr. et Johnny Depp.
7.  fait une apparition en garde... rossé !

lundi 7 octobre 2013

Olympus Has Fallen (la chute de la maison blanche)

******
Plus radical que le White House Down de Roland Emmerich sorti trois mois plus tard, ce thriller d'action tiré du premier scénario écrit par le duo - n'hésite en effet pas à maltraiter, jusqu'au ravages, le principal symbole du pouvoir et de la puissance des Etats-Unis. Olympus Has Fallen, plus gros succès au box-office* (devant Training Day) d', correspond assez bien aux attentes (stéréotypées ?) que cette production** avait fait naitre.  Rythmé, percutant, judicieusement casté (...), bref un film plutôt efficace à condition de ne pas être pas trop exigeant en matière de subtilité narrative et de distanciation patriotique.
___
*161M$ de recettes internationales (pour un budget d'environ 70M$) dont près de 99M$ dans son pays d'origine.
**proche sur le plan conceptuel de Die Hard (entreprise entravée par un invité inattendu, importun et déterminé).



vendredi 4 octobre 2013

Sea of Love (mélodie pour un meurtre)

******
Sea of Love ne figure certes pas parmi les grands polars modernes. Le scénario* de  (auteur de The Wanderersadaptateur de Color of Money notamment) ne brille pas vraiment par son originalité. La nonchalance de la réalisation d' saute quant à elle aux yeux. Le remplaçant du Texan Gregory Hoblit ne parvient d'ailleurs pas à créer une atmosphère adaptée aux caractéristiques de la narration. Oui, mais voilà, ce thriller produit par Martin Bregman marquait le retour au cinéma d' (quatre ans après le médiocre Révolution) dont il a été l'agent. La prestation un peu ordinaire de l'acteur (bientôt cinquantenaire) italo-new-yorkais se retrouve pourtant rapidement éclipsée par le magnétisme "physique" et singulier exercé par **, véritable révélation de Sea of Love. Sa présence, celle du formidable  et les quelques séquences tournées sur le palier de l'appartement de l'inspecteur Frank Keller méritent à elles seules de (re)voir le film.
___
*écrit initialement pour Dustin Hoffman, disqualifié en raison de ses trop nombreuses demandes de réécriture.
**l'une des deux principales partenaires de  dans Johnny Handsome de  sorti la même année. Une présence cependant moins érotisée et sulfureuse que celle de  du futur Basic Instinct aux thématiques (crime en série à connotation sexuelle, attirance dangereuse) assez proches.



mardi 1 octobre 2013

Alien Dawn (battle invasion)

******
Pathétique ersatz de War of the Worlds ; parvenir à regarder dix minutes de cette authentique daube constitue en soi (surtout en v.f.) un véritable exploit !


lundi 30 septembre 2013

Crime in the Streets

******
"Let's somebody love you, or you're nothing."

Adaptation au cinéma d'un épisode de la série The Elgin Hour réalisé par  et diffusé en mars 1955Crime in the Streets tient moins du polar ou du film-noir que du drame psycho-social. Le scénario de  (12 Angry Men) souligne avec simplicité mais une évidente pertinence le mal-être de la jeunesse, l'incommunicabité avec la génération précédente et la soif tue de reconnaissance ou d'affection. Dirigés cette fois par *, * et  y reprennent leur personnage avec énergie et conviction.  (remarqué dans le Battleground de ) succède à . Moins emblématique et prestigieux que le Rebel Without a Cause de  (dans lequel le jeune  tenait également un second rôle)Crime in the Streets mérite notre attention.
___
*la même année que Invasion of the Body Snatchers.
**dans son premier rôle principal au cinéma, le deuxième crédité après celui dans The Night Holds Terror.