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Solide polar (à vocation éducative ou politique1 ?) écrit et réalisé par Andrew L. Stone, plus connu jusque-là pour avoir dirigé des comédies parfois musicales, Highway 3012 relate les derniers méfaits du Tri-State Gang3 et les circonstances de la mort violente de son chef George Legenza à Richmond City (Virginie) en 1935. Partisan d'un réalisme poussé, Stone traite ce récit un peu à la manière d'un documentaire à charge, focalisé sur les faits, les éléments de l'enquête policière mais aussi la violence débridée dont faisait preuve Legenza. Une impression renforcée par la narration du sergent Truscott. Le casting réuni par Brian Foy (He Walked by Night, Crime Wave...) pour la Warner est plutôt intéressant, en particulier parce que les personnages féminins y sont presque aussi importants4 que les masculins, une rareté dans le genre. Steve Cochran (Big Ed Somers dans White Heat de Raoul Walsh), Virginia Grey, la Française Gaby André (aperçue notamment chez Marc Allégret, Julien Duvivier ou Mario Monicelli) et Robert Webber se montrent en l'occurrence plus qu'à la hauteur des ambitions du film.
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1. si l'on se fie au solennel préambule délivré successivement par les gouverneurs du Maryland, de Virginie et de Caroline du Nord. Ou au bref épilogue du sergent Truscott : "You cannot be kind to congenital criminals like these. They would show you no mercy. Let them feel the full impact of the law."
2. parfois traduit en français par "témoin de la dernière heure" ou "meurtre inachevé". L'autoroute en question, jamais mentionnée dans le film, relie les trois états cités précédemment.
3. sujet d'un épisode (le neuvième de la première saison) de la série The Untouchables.
4. malgré l'illustration choisie pour la chronique !



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La réputation1, quasi légendaire, acquise par cet unique véritable western produit et réalisé par George Stevens m'a toujours parue surévaluée. Quelles peuvent bien en être les raisons ? Le récit romanesque de Jack Schaefer (Monte Walsh), celui d'une virulente confrontation entre colons fermiers et éleveur du Wyoming adapté par A.B. Guthrie Jr. (auteur de The Big Sky) reste classique tout comme la figure de son héros-justicier solitaire2. Le présumé raffinement psychologique des personnages parfois évoqué me paraît abusif, un argument qui ne tient d'ailleurs pas la distance des presque deux heures du métrage. La réalisation très académique de l'ex-chef opérateur Stevens ne soulève pas non plus un réel enthousiasme. Pas plus que la prestation des acteurs principaux Alan Ladd3,
Jean Arthur (l'une des actrices préférées de Frank Capra, absente des écrans depuis A Foreign Affair en 1948, y interprétait son ultime rôle au cinéma), Van Heflin ou de soutien Brandon De Wilde (témoin privilégié de la narration) et Jack Palance (en "villain" surfait). L'engouement singulier et durable à l'égard de Shane, sans doute renforcé par sa grande simplicité, n'a peut-être rien de purement rationnel. Un attribut fréquent en art, dans le Septième en particulier !
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1. nommé dans six catégories aux 26e Academy Awards (seul Loyal Griggs fut primé pour sa photographie couleur), entré en 1993 au National Film Registry, Shane a été classé 45e des "plus grands films de tous les temps" (2007) et 3e (derrière The Searchers et High Noon) des "dix meilleurs westerns" (2008) par l'American Film Institute.
2. repris en 1966 par David Carradine pour une série télévisée.
3. George Stevens avait engagé Montgomery Clift pour être Shane et William Holden en Joe Starrett avant qu'ils ne choisissent de tourner un autre film, compromettant un moment la poursuite de la production. Katharine Hepburn a initialement été pressentie pour le rôle de Marian.

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"You're capable of more than you know..."

Produit par Joe Roth1 et Walt Disney Pictures, Oz the Great and Powerful a donc été conçu comme une prequel au premier roman de la série écrite par L. Frank Baum. Et, par conséquent, à la célèbre adaptation musicale réalisée par Victor Fleming pour la Metro-Goldwyn-Mayer2 sortie en août 1939 (après avoir été candidate à la toute première "Palme d'or"). Le scénario co-écrit3 par Mitchell Kapner (The Whole Nine Yards) et David Lindsay-Abaire (Rabbit Hole, Rise of the Guardians) nous narre donc les circonstances de l'arrivée du magicien Oscar Diggs4 au pays d'Oz et la bataille menée contre les deux malfaisantes sorcières. Le film entré en 1989 au National Film Registry dissimulait, sous son récit fantastique pour la jeunesse, une métaphore socio-économique. Celui réalisé par Sam Raimi5 constitue un divertissement astucieux et plutôt réussi destiné à un assez large public. Le discours un peu moralisateur (la rédemption, à travers la figure du sauveur, d'un personnage fabulateur, manipulateur, ég(oïste)centrique) se trouve heureusement contrebalancé par l'apport narratif de l'illusion (pré-cinématographique !), par les inventions visuelles (parmi lesquelles le préambule au format historique 4:3 en noir & blanc) et par la qualité relative d'une distribution dans laquelle James Franco6, Michelle Williams, Rachel Weisz et Mila Kunis tiennent les principaux rôles7. Une suite a été annoncée.
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Plus radical que le White House Down de Roland Emmerich sorti trois mois plus tard, ce thriller d'action tiré du premier scénario écrit par le duo Creighton Rothenberger-Katrin Benedikt n'hésite en effet pas à maltraiter, jusqu'au ravages, le principal symbole du pouvoir et de la puissance des Etats-Unis. Olympus Has Fallen, plus gros succès au box-office* (devant Training Day) d'Antoine Fuqua, correspond assez bien aux attentes (stéréotypées ?) que cette production** avait fait naitre. Rythmé, percutant, judicieusement casté (Gerard Butler, Aaron Eckhart, Morgan Freeman...), bref un film plutôt efficace à condition de ne pas être pas trop exigeant en matière de subtilité narrative et de distanciation patriotique.
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*161M$ de recettes internationales (pour un budget d'environ 70M$) dont près de 99M$ dans son pays d'origine.
**proche sur le plan conceptuel de Die Hard (entreprise entravée par un invité inattendu, importun et déterminé).
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Sea of Love ne figure certes pas parmi les grands polars modernes. Le scénario* de Richard Price (auteur de The Wanderers, adaptateur de Color of Money notamment) ne brille pas vraiment par son originalité. La nonchalance de la réalisation d'Harold Becker saute quant à elle aux yeux. Le remplaçant du Texan Gregory Hoblit ne parvient d'ailleurs pas à créer une atmosphère adaptée aux caractéristiques de la narration. Oui, mais voilà, ce thriller produit par Martin Bregman marquait le retour au cinéma d'Al Pacino (quatre ans après le médiocre Révolution) dont il a été l'agent. La prestation un peu ordinaire de l'acteur (bientôt cinquantenaire) italo-new-yorkais se retrouve pourtant rapidement éclipsée par le magnétisme "physique" et singulier exercé par Ellen Barkin**, véritable révélation de Sea of Love. Sa présence, celle du formidable John Goodman et les quelques séquences tournées sur le palier de l'appartement de l'inspecteur Frank Keller méritent à elles seules de (re)voir le film.
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*écrit initialement pour Dustin Hoffman, disqualifié en raison de ses trop nombreuses demandes de réécriture.
**l'une des deux principales partenaires de Mickey Rourke dans Johnny Handsome de Walter Hill sorti la même année. Une présence cependant moins érotisée et sulfureuse que celle de Sharon Stone du futur Basic Instinct aux thématiques (crime en série à connotation sexuelle, attirance dangereuse) assez proches.

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Pathétique ersatz de War of the Worlds ; parvenir à regarder dix minutes de cette authentique daube constitue en soi (surtout en v.f.) un véritable exploit !
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