vendredi 20 avril 2007

Children of Men (les fils de l'homme)


"Wicked."

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Qui est Alfonso Cuarón ? Si l'on excepte ses courts métrages auxquels s'ajoutent Sólo con tu pareja et, bien sûr, Y tu mamá también, les œuvres authentiquement personnelles du cinéaste mexicain sont finalement assez rares. Ce cinéphile à la vocation de réalisateur très précoce fut, en effet, très tôt amené à accepter des films de commande. Dès sa collaboration, en 1995 précisément, avec la Warner puis pour la Fox avant d'être à nouveau choisi par celle-là pour diriger le troisième volet de la série Harry Potter. C'est également le cas avec cette libre adaptation de l'ouvrage publié en 1992 de l'écrivain britannique Phyllis Dorothy James*, plus connue pour ses romans criminels. En compétition pour un "Lion d'or" à la Mostra 2006, Children of Men était sélectionné dans deux catégories (scénario et montage) de la dernière édition des Academy Awards.
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Londres, 16 novembre 2027. Diego Ricardo, âgé de dix-huit ans et l'individu le plus jeune de la planète, vient d'être poignardé à Buenos Aires. L'humanité est plongée dans un chaos depuis près d'un quart de siècle se traduisant notamment par un profond désordre à l'échelle mondiale, à l'exception de la Grande-Bretagne dont les frontières sont étroitement surveillées et les immigrés clandestins parqués, et par l'infécondité de ses habitants. Après avoir échappé de justesse à un attentat perpétré dans un pub, Thelonius 'Theo' Faron, modeste salarié au Ministère de l'énergie, est enlevé par les hommes de Julian Taylor, son ex-compagne à la tête des "Fishes", l'un des groupes d'activistes opposés au pouvoir policier. Il lui est demandé d'utiliser ses relations pour obtenir un laissez-passer permettant à une jeune réfugiée de rejoindre le littoral afin d'être embarquée à bord du "Tomorrow", un navire de l'organisation Human Project. Munis du précieux document, Theo, Kee, Miriam, Luke et Julian prennent la route de la côte ; à proximité de Canterbury, leur véhicule est attaqué et Julian mortellement blessée.
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Le Royaume-Uni est-il destiné à connaître un jour un régime totalitaire ? Si l'on se fonde sur V for Vendetta de James McTeigue qui a précédé Children of Men dans les salles françaises, la réponse semble positive. Les deux productions sont néanmoins très différentes, la seconde explorant des ambiances baroques et mélancoliques** dans des décors singulièrement cheap (malgré le confortable budget de 76M$). Classique récit dystopique, probablement sous-exploité, dans la tradition des "Brave New World" d'Aldous Huxley et 1984 de George Orwell, le film de Cuarón ne laisse pas indifférent. Il reste toutefois moins complexe et stupéfiant que Twelve Monkeys de Terry Gilliam produit par le même studio. Plus que les éléments abstraitement politiques, voire héroïques, du scénario, c'est la dimension mystique qui prime (et peut également agacer), reposant en particulier sur les personnages interprétés par Clive Owen et Michael Caine.
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*et ex-magistrat à la section juridique de la brigade criminelle.
**en adéquation avec le "In the Court of the Crimson King" du groupe éponyme qui illustre une des scènes du début du film.

dimanche 15 avril 2007

The Osterman Weekend (osterman week-end)


"Dites-vous que vous n'avez pas eu le choix. C'est souvent le cas."

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Alors que l'Italien Sergio Leone sortait de sa longue éclipse pour proposer son ultime œuvre, un superbe polar sur l'Amérique et la mémoire, le Californien Sam Peckinpah revenait après une absence de cinq ans et livrait lui aussi son dernier film dans lequel l'image occupe une place déterminante. Les deux productions, très distinctes, nouent cependant à distance une dialectique sur l'intéressant et réversible thème de l'impression-expression. Adaptation (la première pour l'auteur new-yorkais, mieux connu au cinéma depuis la trilogie "Jason Bourne") du deuxième roman de Robert Ludlum paru en 1972, The Osterman Weekend, "Prix spécial du jury" à Cognac en 1984, apparaît comme un opus singulier dans la filmographie de Peckinpah.
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Lawrence Fassett, un agent de la C.I.A. dont l'épouse a été assassinée en raison des activités de son mari devant les caméras de surveillance installées dans leur appartement, souhaite démanteler le réseau d'espionnage à la solde du K.G.B. à l'origine de ce meurtre. Il propose à Maxwell Danforth, le directeur de l'Agence, de recruter John Tanner, le journaliste et percutant animateur de l'émission d'interviews politiques "Face to Face", pour tenter d'obtenir la collaboration de l'un de ses trois anciens camarades de promotion à Berkeley appartenant, sans qu'il le sache, à ce réseau piloté par le soviétique Andrei Mikalovich. Pour se prêter à ce jeu dangereux, Tanner exige de Danforth une participation à son émission. La septième édition du week-end annuel organisé à l'initiative de Bernard Osterman ne ressemblera vraiment pas aux précédentes.
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"La vérité n'est qu'un tissu de mensonges." En 1973 dans Anderson Tapes, Sidney Lumet s'était notamment intéressé, sur le ton de la comédie, à la place grandissante de la surveillance (audio) dans la société civile. Plus de dix ans plus tard, c'est de la fascination de l'image et de sa manipulation dont il est question dans The Osterman Weekend. Après The Killer Elite, Peckinpah, dont l'influence sur le scénario est resté faible avant d'être finalement remercié par ses producteurs pour "divergences de vue", renoue avec l'ambiance des thrillers politiques paranoïdes des années 1970*. Cette machination à double détente, à l'intrigue inutilement alambiquée, même si elle paraît aujourd'hui un peu datée, doit beaucoup au duo d'acteurs John Hurt-Rutger Hauer.
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Lan tou He (le prince et l'arnaqueur)


"Ce geste est amical dans notre métier."

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Troisième production de l'année 1979 du réalisateur Liu Chia-liang, Lan tou He se situe un peu à la marge du genre kung-fu comédie, certains de ses amateurs le trouvant même crépusculaire. Cette intrigue (sciemment ?) schématique du pouvoir s'apparente davantage à un exercice de style artistique parfois cartoonesque et sans véritable dénouement narratif. Mais un film de Liu, y compris lorsqu'il ne se met pas en scène, reste un spectacle intéressant.
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Le mauvais garçon Ho Zhen et Wang Qin-qin, se présentant comme un joaillier de Pékin en déplacement à Canton, rivalisent de récompenses pour attirer les filles de la maison de plaisir qu'ils fréquentent au même moment. Lorsque la police intervient, Wang utilise son influence politique pour se débarrasser de son rival et récupérer le coffret de valeurs que celui-ci a volé. Ho, ayant retrouvé son larron pour lui réclamer son bien, est blessé et empoisonné au cours de leur affrontement. Pour lui fournir l'antidote susceptible de le soigner, Wang exige de son protagoniste qu'il devienne son disciple et serviteur.
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Même s'il possède ses défenseurs, Lan tou He n'est pas une des œuvres majeures de cette période de la carrière de Liu Chia-liang. Toujours inspiré et brillant sur le plan de la chorégraphie, très honorablement réalisé, ce film pêche par un scénario un peu simpliste. On prend néanmoins un certain plaisir aux fameuses scènes dans lesquelles Wang, alias le onzième prince affronte sans en avoir l'air ceux qui ont été engagés pour supprimer cet amateur de vin, d'antiquités, maître de kung-fu et possible successeur au trône impérial. Le thème de l'apprentissage est à nouveau abordé, cette fois en mineure au profit d'une opportuniste et sournoise association entre deux individus d'origine différentes. Peu de surprise à attendre de l'efficace duo Liu Chia-hui-Wong Yu formé pour la quatrième fois par Liu Chia-liang ; en revanche un regret, la trop courte apparition de Kara Hui dans le modeste personnage de Cui-hong au début du métrage.