jeudi 23 mars 2006

The River (le fleuve)


"Tragedy queens in love."

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La probable meilleure production de la période américaine de Jean Renoir est un film... indien. Ou doit-on dire universel ? Car même si The River est visuellement irrigué par la partie bengali du Gange, l'une des sept rivières sacrées de l'Inde, la belle et douce intrigue qui s'y noue se nourrit, avant tout, de la dramaturgie humaine au sens générique du terme. Après les sept films, globalement décevants pour lui, tournés depuis son arrivée en 1940 aux Etats-Unis, Renoir, avant son retour en Europe, se libère du carcan hollywoodien et réalise ce projet, proche de ses premiers fims, qui lui tient à cœur et qu'il prépare depuis plusieurs années. En compétition, au sein d'une sélection relevée, à la Mostra de Venise 1951, cette unique production de l'improbable Kenneth McEldowney, un fleuriste et agent immobilier ayant cédé ses biens pour la monter, fut l'un des trois films à recevoir le "Prix international" du festival.
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Harriet se souvient d'un chapitre particulier de son adolescence passée en Inde. Fille d'une colon industriel et aînée d'une fratrie essentiellement composée de filles à l'exception de son frère Bogey, elle s'était éprise du capitaine John, un jeune homme plus âgé qu'elle ayant perdu une jambe à la guerre, venu rendre visite à son cousin John, le plus proche voisin de ses parents. Dans sa tentative de le séduire, elle s'était trouvée en rivalité avec ses deux amies plus matures, Valerie, la pétulante héritière d'une riche famille de colons, et Melanie, la discrète fille métisse de John, tout récemment revenue au pays après avoir finit ses études aux Etats-Unis.
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Œuvre admirable, mise en scène avec intelligence et sensibilité (des vocables souvent superflus lorsqu'il s'agit de Jean Renoir), The River est librement inspiré du livre publié en 1949 par la romancière britannique Rumer Godden à laquelle on doit déjà le remarquable Black Narcissus de Michael Powell et Emeric Pressburger. Ce premier film en couleur du réalisateur ne sacrifie évidemment pas au canon des productions "exotiques" hollywoodiennes, cousues de folklore et de sentimentalisme bon marché. Le magicien Renoir parvient à faire de cette histoire d'un premier chagrin d'amour d'une enfant devenue, à cette occasion, une adulte une puissante peinture de l'humanité, de ses illusions et de sa diversité. Un profond lyrisme ethno-romanesque, teintée d'élégie, traverse cette tragédie apparemment paisible, tournée dans une région et un pays traditionnellement déchirés par des crises sociales et politiques.
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Car, sous sa forme fabuleuse illustrant le cycle de la vie, c'est bien d'exil et d'altérité dont il est question dans le film. On y retrouve également des thèmes ou des figures symboliques récurrents chez le cinéaste, comme celui de l'incursion de l'imaginaire ou du fantastique dans le quotidien ou de l'infirmité (masculine). Il faut enfin souligner les qualités picturales de The River, pour lequel le fils cadet de Pierre-Auguste Renoir a fait appel à son neveu Claude, déjà à l'œuvre sur trois précédents films de son oncle dont Une Partie de campagne. Et son influence sur la vocation de l'un des plus grands cinéastes indigènes, Satyajit Ray, présent sur le tournage.




mercredi 22 mars 2006

Vita ex musica


Un violoncelliste est chargé par son créateur de contribuer au ressourcement du monde par la musique.
Parabole mécaniste, stylisée et froide sur la renaissance et l'amour. 

Workin' Progress


La construction d'un gigantesque building nécessite toujours davantage de main-d'œuvre... plus ou moins qualifiée !
Très belle effort (choré)graphique et architectural, rythmé par la musique de Glenn Miller, qui fait irrésistiblement penser aux photographies de Robert Doisneau prises sur la Tour Eiffel ou à certaines œuvres du cinéma muet. 

Round Zero


Deux minutes avant de monter sur le ring pour affronter le "monstrueux" Jake Buffalo Robinson, Mitch décide de renoncer, au grand dam de son entraîneur... qui a tout intérêt à ce que le combat ait lieu.
Le meilleur de ce court en anglais (s.t.) est le jeu de mots du titre. 

Chiyari Fuji (le mont fuji et la lance ensanglantée)


"... Indigne de son rang."

Revenu de Mandchourie, où il était parti juste avant la fin du conflit opposant la Chine au Japon pour conseiller le cinéma post-révolutionnaire local, Tomu Uchida est recruté par la Tôei, studio pour lequel il réalisera la même année (1955), seize ans après le précédent, trois films dont Chiyari Fuji, un jidai-geki influencé par ces années passées loin de l'empire récemment défait. Un an après Shichinin no samurai de Kurosawa, le film est un modèle de lyrisme dialectique plus qu'un pur film de samouraï. S'y opposent, en effet, progressisme et nostalgie, humanisme et nationalisme, placidité et violence contribuant à faire de cette première œuvre de la seconde période du cinéaste une des plus intéressantes de sa filmographie.
Le samouraï Sawaka Kojuro effectue un important voyage depuis Okasaki jusqu'à Edo. Il est accompagné par son lancier Gonpachi et son serviteur Genta, les deux hommes étant également chargés par la mère de leur maître d'empêcher celui-ci de boire de l'alcool pendant le trajet. En chemin, alors que rôde le brigand Rokuémon, Gonpachi rencontre le jeune et débrouillard orphelin Jiro qui souhaite devenir lancier comme lui. Leur destin va croiser ceux d'autres voyageurs, Okin et sa mère, artistes de rue, Otané et son père Yomosaku ou encore Tozaburo, muni d'une forte somme d'argent, qui suivent la même route et s'arrêtent dans les mêmes auberges.
Sorti la même année que Shin heike monogatari et Yôkihi, les pénultièmes œuvres de l'ami Kenji Mizoguchi ou que Ukigumo de Mikio Naruse, Chiyari Fuji affiche son caractère non-conventionnel dès la scène d'ouverture. Située sur la célèbre Tôkaidô, cette longue route reliant Kyoto à Edo (Tokyo aujourd'hui) notamment illustrée par les estampes d'Hiroshige, elle ne laisse d'emblée planer aucun doute sur la tonalité tragi-comique qui accompagnera le récit. Cette remise en cause des conventions, en particulier sociales, est également, avec les thèmes de la loyauté et de la justice, l'un des ressorts narratifs du film. Outre la grande sobriété et la réelle qualité graphique de sa mise en scène, Tomu Uchida sait ménager des respirations qui s'apparentent peut-être à une certaine nostalgie du réalisateur pour le cinéma muet et son expressionnisme. 

Timeless


Spot publicitaire, en prises de vues réelles post-produites, pour une montre d'une marque textile. 

Hernando


Comédie musicale-bouffe prenant pour décor le navire d'Hernando le corsaire.
Sur la chanson "Hernando's Hideaway" déjà au générique de The Pajama Game réalisé en 1957 par George Abbott et Stanley Donen avec Doris Day.