lundi 11 novembre 2013

Un Cuento chino (el chino)

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La qualité première d'un artiste (en particulier lorsqu'il s'agit, au cinéma, d'une comédie dramatique) est de savoir réinventer le réel.  possède assurément cette faculté. Il fonde la narration de son troisième film sur un fait divers au moins aussi incroyable qu'absurde. Mais le véritable talent du cinéaste porteño consiste à l'humaniser, à le sublimer avec simplicité et sensibilité. Il imagine ainsi la rencontre incidente, prédestinée, fantastique (il s'agit d'un conte*) du rescapé chinois d'une variante de l'accident initial avec un modeste et solitaire commerçant argentin dont il va perturber la vie minutieusement (avec maniaquerie !) réglée. Deux distantes victimes des extravagances de l'existence.  a remarquablement saisi l'essence de la comédie dramatique "populaire", employant ici les ressorts du genre à très bon escient. Ordinaire, catégorique, sujet à la contrariété, irritable au point de pouvoir se montrer parfois violent, Roberto suscite néanmoins l'envie de découvrir les possibles, inapparentes autres facettes de sa personnalité. Il nous en donne d'ailleurs bientôt des gages. Son aptitude à l'empathie, à la solidarité même bougonne, à une certaine fraternité malgré (grâce à ?!) la barrière de la langue (plus que le choc des cultures) révèle une vulnérabilité, une ancienne douleur persistante au départ insoupçonnée chez ce héros ordinaire. Au risque de me répéter,  est un interprète formidable, l'un des tout meilleurs de sa génération. Au point que l'on ne conçoive pas voir un autre acteur tenir le personnage central, fondamental du film. Le Taïwanais  et sa compatriote  se contentent, au demeurant, de lui donner plaisamment la réplique. Très bonne comédie dramatique donc, intelligente et maîtrisée.
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*Un Cuento chino a succédé à La Vida de los peces du Chilien Matías Bize au palmarès de la "Mejor película iberoamericana des "Goya" 2012,  obtenant également le prix du meilleur réalisateur lors de la 32e édition de Fantasporto ("Semana dos réalisadores").



dimanche 10 novembre 2013

Gangster Squad

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"Every man wears a badge..."


A première vue, cela pourrait ressembler à The Untouchables West Coast. En fait, ce polar également stylisé mise davantage sur le caractère percutant des scènes d'action et sur son parti prix graphique (l'influence des comics est manifeste) que sur une narration réaliste et documentée. Malgré son affichage préambulaire, le scénario de  (contributeur de la série Castle) n'hésite d'ailleurs pas à s'éloigner de la vérité historique, événements relatés par le journaliste et écrivain  dans ses chroniques1. A défaut de nous surprendre et/ou de nous emballer, Gangster Squad2 illustre astucieusement et de façon musclée la devise "soigner le mal (incarné ici par le personnage de Mickey Cohen3) par le mal". La production est soignée, la réalisation de  (Zombieland 30 Minutes or Less) efficace et le casting dans son ensemble (et en tête d'affiche ) suffisamment convaincant.
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1. "LA Noir : Tales from the Ganster Squad" paru en 2008 dans le "Los Angeles Times" dont il a tiré un ouvrage.
2. dont le succès doit beaucoup aux recettes internationales (59M$ sur 105M$ pour un budget d'environ 60M$).
3. interprété notamment, avant ce film, par Harvey Keitel (Bugsy) et Paul Guilfoyle (L.A. Confidential).


vendredi 8 novembre 2013

Borgia

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L'actuel regain d'intérêt pour les Borgia serait-il symptomatique de notre époque ? En concurrence directe avec celle conduite par l'Irlandais , cette série télévisée franco-germano-tchèque relate par le menu l'accession à la papauté et le règne de Rodrigo Borgia. Les importants moyens consacrés à la production (décors, costumes, réalisation...) n'échappent à personne mais l'approche narrative de  et Brant Englestein diffère sensiblement au profit du sulfureux et d'un certain aguichage. L'anecdotique l'emporte également souvent sur le didactique (comme la débauche, la perversion et la violence sur la foi !). La distribution, emmenée par l'Etasunien  (The Wire) face auquel la Russe  en Lucrèce* réussit à exister, confirme cette orientation générale.
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*rôle tenu avant elle notamment par Vittoria Lepanto (1910), Edwige Feuillère (1935), Ava Gardner (1942), Paulette Goddard (1949) ou encore Martine Carol (1953).

Episodes

Saison 1
  1. 1492 (Id.)
  2. Onde de chaleur (Ondata di calore)
  3. Un vœu sacré (A Sacred Vow)
  4. La sagesse du saint-esprit (Wisdom of the Holy Spirit)
  5. Les liens du mariage (The Bonds of Matrimony)
  6. Légitimité (Legitimacy)
  7. Manœuvres (Maneuvers)
  8. Prélude à l'apocalypse (Prelude to an Apocalypse)
  9. L'invasion de Rome (The Invasion of Rome)
  10. Miracles (Id.)
  11. Le monstre divin (God's Monster)
  12. L'éveil du serpent  (The Serpent Rises)
Saison 2
  1. Le temps de la tendresse (The Time of Sweet Desires)
  2. Le mercredi des cendres (Ash Wednesday)
  3. Le dimanche des rameaux (Palm Sunday)
  4. Pax Vobiscum (Id.)
  5. L'ascension (Ascension)
  6. La pentecôte (Pentecost)
  7. Le dimanche de la trinité (The Blessed Trinity)
  8. Une moralité (A Morality Play)
  9. La transfiguration (Transfiguration)
  10. L'assomption (The Assumption)
  11. Les sept douleurs (The Seven Sorrows)
  12. Qui est comme Dieu ? (Who Is Like God?)
Saison 3
  1. 1495 (Id.)
  2. 1496 (Id.)
  3. 1497 (Id.)
  4. 1498 (Id.)
  5. 1499 (Id.)
  6. 1500 (Id.)
  7. 1501 (Id.)
  8. 1502 (Id.)
  9. 1503, première partie (1503, Part One)
  10. 1503, deuxième partie (1503, Part Two)
  11. 1504 (Id.)
  12. 1505 (Id.)
  13. 1506 (Id.)
  14. 1507 (Id.)

Twilight's Last Gleaming (l'ultimatum des trois mercenaires)

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 a-t-il été bien inspiré de renoncer aux avantages liés à la réalisation de A Bridge Too Far pour aller tourner en Bavière cette production américano-germanique ? Twilight's Last Gleaming1 n'attira pas le public lors de sa sortie en février 19772 ; il paraît aujourd'hui daté et un peu insipide. Tiré du roman "Viper Three" publié en 1971 par Walter Wager3, ce drame militaro-politique d'anticipation (les faits se déroulent en novembre 1981) tente de fonder son intrigue sur les vrais mais dissimulés motifs de l'engagement dans le conflit vietnamien et sur la nécessité d'informer les citoyens des véritables enjeux à l'origine des décisions présidentielles. Le scénario co-signé par le télévisuel Ronald M. Cohen et par Edward Huebsch (le dernier de l'ancien blacklisté) manque en effet d'intensité et néglige les dialogues. La longueur du métrage (138'), l'usage immodéré du split screen, le casting principalement constitué de gloires vieillissantes d'Hollywooddonnent au film une fâcheuse pesanteur et un caractère désuet. Faut-il y voir une conséquence,  a terminé sa carrière en dirigeant trois comédies !
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1. expression extraite de "The Star-Spangled Banner", l'hymne national US.
2. le démocrate Jimmy Carter venait de débuter son mandat de 39e président.
3. première des trois adaptations avec Telefon de  et Die Hard 2 de .
4.  (finalement convaincu par le choix du réalisateur avec lequel il avait déja tourné à quatre reprises), ,  (le rôle du président avait été refusé par Paul Newman). Les scènes avec Vera Miles et Pippa Scott ont été supprimées.

Top of the Lake


La joie de retrouver  (dont nous étions presque sans nouvelles depuis Bright Star en 2009) a promptement été refroidie par cette mini-série* pilotée par Philippa Campbell (productrice du Rain de ). Site de tournage superbe, belle photographie d' mais l'intrigue plutôt mince développée de surcroît très lentement (rythme qui rappelle un peu celui des séries allemandes des années 1970 !) m'a conduit à abandonner le visionnage dès le milieu du deuxième épisode. Le choix de l'Etasunienne  (Peggy Olson dans Mad Men) pour tenir le rôle principal** et les apparitions d' ne constituant pas des arguments suffisants pour me retenir aux abords de ce lac austral.
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*en six ou sept épisodes.
**d'abord proposé à Anna Paquin (The Piano).

Episodes
  1. Paradis vendus (Paradise Sold)
  2. Recherches (Searchers Search)
  3. Aux confins de l'univers (The Edge of the Universe)
  4. Sous l'arc-en-ciel (A Rainbow Above Us)
  5. Le masque du créateur (The Dark Creator)
  6. Pas d'adieux, merci (No Goodbyes Thanks)

mercredi 6 novembre 2013

A Simple Plan (un plan simple)

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"Nobody'd ever believe that you'd be capable of doing what you've done."

Présentée en première au TIFF 1998, cette adaptation du premier roman paru cinq ans plus tôt de  (auteur de The Ruins) constitue une sorte d'illustration métaphorique du dicton populaire "L'argent ne fait pas le bonheur !" Dans ce cas précis (i.e. un magot de 4,4M$ découvert dans un avion crashé1), il peut même s'avérer terriblement, sournoisement funeste, pour ne pas dire maudit. Leur trouvaille vont en effet entrainer les trois protagonistes de ce drame provincial dans un irréversible et mortifère cercle (très) vicieux alimenté par la réputation, la dissimulation et les crimes imbriqués. Récompensé par le "Prix spécial du jury"2 à Cognac en 1999, le huitième long métrage 3 doit beaucoup au relief apporté par son casting,  et surtout , épatant interprète d'un péquenot primaire, marginal et néanmoins tragico-pathétique.
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1. la comédie dramatique Million de  et  démarre sur un pitch un peu comparable.
2. précédé par une nomination (acteur de soutien) aux "Golden Globes", deux (scénario adapté et acteur secondaire) aux "Oscars".
3. Ben Stiller (avec Nicolas Cage dans le rôle principal), John Dahl puis John Boorman se sont succédés à la réalisation du projet.

lundi 4 novembre 2013

I Am Legend (je suis une légende)

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"God didn't do this. We did!"


Remake de The Omega Man (déjà produit, au début des années 1970, par la Warner)I Am Legend1 altère et modernise à la fois le contenu du roman éponyme de Richard Matheson2. Quoiqu'ayant rencontré un net succès commercial3, le film manque de sens, de profondeur pour susciter un réel intérêt auprès des amateurs du genre. Le scénario, un peu simpliste et binaire, co-signé par Mark Protosevich (The CellThor) et Akiva Goldsman (également producteur) ne parvient presque jamais à tirer parti des éléments narratifs de l'ouvrage, ni même à générer une authentique tension dramatique. Sous la direction de 4 peine d'ailleurs à sortir vainqueur de ce jeu d'anticipation en solitaire. La suite annoncée mérite-t-elle vraiment d'être mise en chantier ?
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1. le projet initial devait être réalisé par Ridley Scott (avec Arnold Schwarzenegger dans le rôle principal).  a refusé la direction, Michael Bay et  ont tourné ensemble un autre film.
2. adapté une première fois en 1964, The Last Man on Earth, production italo-étasunienne avec .
3. 585M$ de recettes (dont près de 329M$ à l'étranger) pour un budget d'environ 150M$. Deuxième plus gros succès pour un film avec  après Independence Day.
4. connu jusque-là pour des vidéos musicales et Constantine. L'étasunien natif de Vienne a succédé à  pour les deux derniers volets du triptyque Hunger Games.