"Is there nothing for you, without her?"
Un puissant navire arrive dans un port. Un individu, au visage caché par son chèche, en débarque et s'enquiert aussitôt de nouvelles à propos d'une princesse et d'un aveugle auprès d'une élégante femme venue l'attendre. Emmenés par des chaises à porteurs, ils passent devant celui-ci, jeune mendiant affublé d'un chien, lequel accepte l'invitation d'Halima à se restaurer et se reposer chez elle. Dans le palais du maître, les médecins n'ont pas réussi à faire sortir la princesse de l'étrange sommeil auquel seul l'aveugle, dont elle est amoureuse, peut mettre fin. Après le repas, Ahmad affirme à Halima et aux quatre autres femmes qui l'entourent sa détermination à vouloir retrouver sa bien-aimée et leur relate son histoire. Celle du roi de Bagdad, séparé de son peuple par le grand vizir Jaffar, à l'époque où son chien était encore un enfant, espiègle voleur au grand cœur.
Le spectacle d'une décapitation, mesure courante sous le régime de terreur imposé par le grand vizir, pousse ce dernier de suggérer à son jeune et humaniste souverain une idée déjà expérimentée par le grand-père de celui-ci. Celle de retirer, le soir même, les vêtements royaux pour observer son peuple. Ahmad se mêle donc à la foule réunie devant un orateur très critique à l'égard du roi considéré comme un tyran, évoquant la prophétie d'un futur libérateur. Jaffar profite de l'occasion pour arrêter et emprisonner Ahmad, en le déclarant fou, dans un cachot où le rejoindra Abu le voleur, lui aussi condamné à l'exécution capitale au lever du soleil. Grâce à la dextérité de l'adolescent, qui subtilise la clef de la prison, les deux détenus s'évadent et prennent, à bord d'une embarcation, la direction de Bassora. Là, Ahmad s'éprend, dès qu'il l'aperçoit, de la fille du sultan de la ville.
Si la contribution du réalisateur allemand Ludwig Berger
, initialement chargé du projet, a presque disparu du métrage final, celle de Michael Powell
l'influence significativement(5), tant au niveau de la mise en scène qu'à celui du rythme. Le récit imaginé par Lajos Biró
(auteur notamment de The Last Command
devenu scénariste en chef de la kordienne
London Film Productions
) et Miles Malleson
(6) opère un allègre rapprochement entre contes de tradition orale d'origines différentes : l'indo-perse "Mille et une nuits"(7) et l'occidental "Belle au bois dormant". Son manque relatif d'étoffe et de relief est en revanche largement compensé par les multiples et non chronologiques rebondissements auxquels est soumis le duo Abu-Ahmad face au maléfique et ensorceleur Jaffar. La solidité académique de l'interprétation de Conrad Veidt
contraste enfin assez fortement avec l'énergique spontanéité du jeu de Sabu
et l'étroitesse un peu rigide du registre de John Justin
. The Thief of Bagdad
n'en reste pas moins un classique du genre au même titre que l'original, entré en 1996 au National Film Registry.
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2. déplacée d'Angleterre (et du Pays de Galles où a été tournée la scène pendant laquelle apparaît le djinn sur la plage) à Hollywood pour cause de Blitz.
3. avant d'interpréter Mowgli pour l'adaptation de Jungle Book
du même réalisateur.
4. dont le précoce talent de pilote d'avion ne lui est ici (sur un tapis volant !) d'aucune utilité.
7. justification formelle de la présence de Sabu
!